Les infos de fevrier 2020

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"Les vieux vont tomber comme des mouches" : à Menton, près de la frontière italienne, le coronavirus est sur toutes les lèvres

La municipalité de cette ville limitrophe de l'Italie a décidé d'annuler les derniers jours de la fête du citron, par précaution.

On est en train de sombrer dans la psychose, c'est ridicule ! On va se retrouver avec je ne sais pas combien de clients en moins", peste la directrice d'un hôtel de Menton (Alpes-Maritimes). Elle vient d'apprendre, mercredi 26 février, l'annulation de la fête du citron, annoncée en fin d'après-midi par le maire, Jean-Claude Guibal. Une décision prise "à titre préventif" face à la multiplication en Italie de cas de coronavirus. Les festivités, qui ont débuté le 15 février, devaient durer jusqu'au 3 mars, avec deux parades très attendues, jeudi soir et dimanche après-midi.

La nouvelle s'est répandue très vite dans cette ville limitrophe de la Ligurie, région du nord de l'Italie dans laquelle de nouveaux malades ont été recensés. La suspension de cette fête populaire, qui rassemble chaque année 200 000 visiteurs, était redoutée. Mais personne n'y croyait vraiment. "Il ne restait que quatre pauvres jours ! C'est vraiment dur pour les touristes", regrette un commerçant.

"On est arrivés exprès pour la parade"
Face à l'un des immenses chars garni d'agrumes, symbole depuis près d'un siècle de la fête du citron, une famille venue d'Indre-et-Loire tente de trouver le bon angle pour sa photo souvenir. "Forcément, nous sommes très déçus. On est arrivés hier exprès pour la parade [prévue le lendemain]", témoigne Line, la mère. Le fait, par ailleurs, que le match de Ligue des champions entre Lyon et la Juventus ait été maintenu mercredi soir, l'agace particulièrement. "A Menton, les gens sont de toute façon déjà sur place. Par contre, ça pose pas de souci de faire venir 3 000 supporters de Turin. C'est absurde".

"C'est pas la première fois qu'on a un souci ici", s'amuse un artificier croisé par hasard avec son collègue. Tous deux devaient animer le feu d'artifice du corso nocturne du lendemain. "Je dois être le chat noir, avance son acolyte, il y a deux ans, mon camion était resté bloqué à cause de la neige. Et deux ans avant, c'était les attentats du 14-Juillet...", se remémore-t-il.

Restaurateurs et commerçants ne cachent pas leur agacement. "La maladie est sans doute déjà partout, c'est peine perdue ce genre de mesure drastique", lâche l'un d'eux en rangeant ses présentoirs de savons de Marseille. Stefania, qui tient un bar à vin dans le centre-ville, est la seule croisée par franceinfo qui approuve cette décision.

Je suis rassurée qu'on prenne des mesures ici.
Stefania, gérante du bar à vin Vinum Veritas
à franceinfo

"Je viens de Ligurie, près d'Alassio, la ville où il y a un hôtel confiné avec plusieurs cas de coronavirus. Ma famille vit tout près. J'ai peur pour eux", explique celle qui s'est installée il y a huit ans à Menton. "J'ai déjà acheté des masques et je prends des gélules d'huiles essentielles en prévention, pour me protéger."

"Comme si le virus ne passait pas la frontière"
L'inquiétude autour du Covid-19 touche le quotidien à Menton. Et pour cause : c'est la première ville après la frontière italienne, située à juste trois kilomètres. Enormément d'Italiens font l'aller-retour quotidiennement pour venir travailler dans la région, notamment à Monaco, où les salaires sont très avantageux. "Quand je prends le train pour venir travailler ici, j'essaye de ne rien toucher, pour ne pas me faire contaminer", explique Alicia entre deux bouffées de cigarette. Cette brune dynamique de 19 ans est serveuse depuis deux ans dans un restaurant de la promenade du Soleil, qui longe la mer. La jeune femme habite à Vintimille, la ville voisine côté italien, "où quasiment tout le monde travaille en France".

Avant, avec mes amis, on avait peur des Chinois. Maintenant, on voit sur Twitter qu'on a peur de nous, les Italiens !
Alicia
à franceinfo

Attablé au bar du Cap, Franck semble résigné. "Comme si le virus ne passait pas la frontière... C'est notre Tchernobyl à nous", s'amuse-t-il. "En Corée du Nord, ils ont tout compris. Ils ont tout fermé et au moins, eux, ils n'auront pas de maladie", dit-il le plus sérieusement du monde.

"Faudrait fermer les frontières", suggère d'ailleurs Eric, attablé plus loin. "Le gouvernement n'a pas fermé les frontières pour les migrants, je ne vois pas pourquoi il les fermeraient pour un virus", balaye Jean-Pierre, face à lui.

"J'ai dit à ma mère : 'tu ne sors pas de chez toi !'"
Si les Mentonnais sont préoccupés par le coronavirus, c'est en fait principalement pour leurs aînés. "Menton, c'est une ville de vieux. Si l'épidémie se répand, ils vont tous tomber comme des mouches. Ca va être le no man's land", lâche Denis, bras dessus, bras dessous avec sa mère, âgée de 88 ans. "Je n'ai pas peur pour moi : je sais que le virus ne me tuera pas. Mais j'ai dit à ma mère : 'tu ne sors plus de chez toi !'", explique Véronique, la cinquantaine, en pliant une nappe de sa boutique du centre-ville.

Les personnes âgées, population la plus durement touchée par le Covid-19, sont donc naturellement les plus inquiètes. "On ne fait la bise à personne, on ne touche personne", explique Bianca, une sémillante Italienne de 92 ans, installée à Menton. "On voulait aller acheter notre whisky à Vintimille, parce que c'est moins cher. Mais on ne retourne plus en Italie pour l'instant", glisse en riant sa sœur, Henriette, deux ans de plus.

Lundi, au Super U Menton Garavan, des clients, plutôt âgés d'après les témoins, sont venus faire des provisions en masse. "On n'a pas trop compris pourquoi ils se sont affolés. Certains rayons étaient vides à la fin de la journée. Ceux des conserves surtout. Ça sentait la panique", raconte une caissière, présente ce jour-là. A la sortie, près du parking, on tombe sur Micheline. Elle attend sa fille, partie garer la voiture.

Dans son chariot, un masque de protection. "Je l'ai acheté pour ma fille, elle habite à Vintimille. Je m'inquiète pour sa santé", témoigne cette dame de 84 ans. Et sa santé à elle ? "Ah, moi ? Oh non, je n'en ai pas besoin. Je n'ai pas peur du virus." Elle est bien la seule, parmi les seniors, à afficher une telle sérénité.

L’économie mondiale sous le choc du coronavirus

La propagation du virus Covid-19 hors de Chine paralyse l’activité dans de nombreux secteurs. Les marchés financiers s’affolent

Jusqu’où l’onde de choc économique du virus se propagera-t-elle? Usines à l’arrêt, avions vides, hôtels désertés, musées, bars ou opéra fermés à Milan, sans compter plus de 5 000 milliards de dollars évaporés des bourses mondiales en quelques jours… Tous les ingrédients d’une crise majeure à l’échelle planétaire sont là. La panique sur les marchés financiers depuis le début de la semaine risque de gagner l’économie réelle. Décideurs et experts économiques, cherchent à évaluer la portée du séisme, de la secousse temporaire au scénario le plus noir, naviguant à vue au gré des annonces de contaminations. Plus de quarante pays sont touchés. Concentrée jusque-là sur la Chine, l’inquiétude est montée d’un cran cette semaine après l’explosion des cas révélée en Italie. L’estimation de la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva au sommet du G20 le week-end dernier d’un impact de 0,1 point sur la croissance mondiale risque déjà d’être caduque.


Covid-19 en France : "On est probablement en train de franchir un cap", estime un spécialiste en maladies infectieuses

On doit changer de paradigme dans la riposte" contre le coronavirus a affirmé sur franceinfo Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l'hôpital Bichat de Paris.

L'entrée de l'hôpital Bichat à Paris, le 29 janvier 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

"On est probablement en train de franchir un cap", estime Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l'hôpital Bichat jeudi 27 février sur franceinfo, alors que vingt nouvelles personnes infectées par le coronavirus ont été détectées en France.

"On a (...) probablement un début de chaine de transmission"
"On a plusieurs éléments qui sont significatifs. Le premier c'est qu'on a un groupe de malades qui sont liés épidémiologiquement qui est probablement un début de chaine de transmission. Et puis le deuxième élément c'est que l'on a un cas qui sort de la zone à risque, qui est probablement une acquisition en Afrique du nord", explique le spécialiste.

Xavier Lescure estime que l'"on doit changer de paradigme dans la riposte". "La détection d'un cas au stade de détresse respiratoire, c'est un cas avancé, et ce qu'on sait de la maladie c'est qu'elle met 10 à 12 jours pour envoyer les gens en réanimation. Ce qui veut dire que pendant 10 à 12 jours tous ces cas identifiés de façon isolée ont pu potentiellement transmettre la maladie autour d'eux", rappelle Xavier Lescure.

Huawei annonce l'implantation en France de sa première usine de production hors de Chine

Huawei annonce l'implantation en France de sa première usine de production hors de Chine
Huawei annonce l’implantation prochaine en France de sa première usine de production hors de Chine. Le géant chinois entend, à terme, y fabriquer l’ensemble de sa production d'équipements télécoms à destination du marché européen. 200 millions d’euros devraient être investis dans ce site, dont la localisation exacte n’a pas encore été arrêtée et qui devrait générer quelque 500 emplois directs. Sera d’abord concernée la production d’équipements radio pour la 4G et la 5G, avant de s’étendre à d’autres types de produits.

Huawei choisit la France. Liang Hua, le président du géant chinois des télécoms, a annoncé ce jeudi 27 février 2020 l’implantation prochaine d’une unité de production dans l'Hexagone – la première hors de Chine. Ce site, dont la localisation exacte n’a pas encore été arrêtée, sera dédié à la fabrication d’équipements réseau pour la 4G et la 5G. Il produira, dans un premier temps, "des modules qui seront intégrés aux stations de base et participera à l’assemblage final" des produits. Objectif pour la marque au lotus : y fabriquer, à terme, l’ensemble de sa production à destination du marché européen. Selon Liang Hua, ce sont ainsi "1 milliard d’euros de valeur qui seront générés chaque année".



200 MILLIONS D’EUROS INVESTIS

Le géant chinois des télécoms annonce là un investissement important, qui "dépassera les 200 millions d’euros" pour la première phase du projet (acquisition des terrains, construction de l’usine et achat des équipements). Et cela sans compter les retombées économiques pour la région qui accueillera le site. La firme de Shenzhen affirme vouloir "faire appel aux outils de production de ses partenaires locaux".



"Nous avons choisi la France pour son infrastructure industrielle mature, sa situation géographique exceptionnelle au cœur de l’Europe et sa main-d’œuvre de qualité", a expliqué Liang Hua devant une poignée de journalistes réunis à Paris ce jeudi. Quelque 500 emplois directs seront ainsi créés. "Hautement automatisée", cette usine devrait participer aussi bien à la production qu’aux efforts du groupe en matière de R&D.



Huawei entend également s’en servir pour former son personnel et pour accueillir les clients qui voudraient mettre ses technologies à l’épreuve, à l’image de ce qui est proposé dans les centres de transparence inaugurés ces derniers mois à Bruxelles (Belgique), Berne (Suisse) ou encore Londres (Royaume-Uni). "Les équipements produits sur ce site seront conçus, fabriqués et testés à la fois selon les règles de cybersécurité établies par Huawei et les standards français en vigueur", a ainsi martelé Liang Hua, assurant qu’il n’est pas ici "question de contourner l’embargo américain"… alors même que les Etats-Unis continuent d’encourager leurs alliés européens à bannir l'entreprise.



"UNE EMPREINTE INDUSTRIELLE D’ENVERGURE MONDIALE"

"Nous sommes en discussions avec les autorités, tant les collectivités locales que le gouvernement, pour avancer dans les meilleurs délais. Le choix du lieu d’implantation prend du temps, mais la construction de l’unité de production sera ensuite rapide", a souligné Liang Hua, précisant que son groupe mûrit ce projet depuis un an au moins. Gageant qu’il ne s’agit pas d’une "offensive de charme" visant à obtenir le droit d’équiper les opérateurs télécoms nationaux – Bouygues Telecom et SFR font déjà appel à Huawei sur la 4G et veulent reconduire ce partenariat pour la 5G –, le président de la firme de Shenzhen y voit plutôt la marque de son "empreinte industrielle d’envergure mondiale".



"Nous avons beaucoup de fournisseurs en France et collaborons avec des acteurs tels que Nexans ou Bolloré, a rappelé Weilang Shi, président de Huawei France. Ce pays est très important pour nous et nous entendons contribuer et capitaliser sur son écosystème technologique. C’est du gagnant-gagnant." Alors que le géant chinois des télécoms fête les vingt ans de sa présence en Europe, il dit vouloir participer à "sa transition numérique et ses travaux en matière d’intelligence artificielle".



A noter que l’usine française de Huawei devrait, à terme, étendre son activité "au-delà des équipements radio". D’ici à son ouverture, Huawei a tenu à rassurer quant à sa capacité à tenir les délais de livraison malgré l’épidémie de coronavirus. "Les défis sont nombreux en ce moment pour Huawei. Nos conditions d’exploitation et de production sont néanmoins revenues à la normale et nous sommes en mesure de fournir équipements et services à nos clients", a insisté Liang Hua. Pour mémoire, le géant chinois des télécoms fait à cette heure la course à la 5G en tête. Il a annoncé, la semaine dernière, avoir signé 91 contrats commerciaux avec des opérateurs télécoms à l’échelle mondiale – contre 81 et 67 pour ses concurrents européens Ericsson et Nokia respectivement.

ARTHUR LE DENN

Slow flowers, des fleurs éco-responsables

Mouvement récent prônant un achat raisonné de fleurs locales et non issues de l'industrie agricole, le slow flowers est originaire des États-Unis. Il arrive avec vigueur en Europe pour contrer la toute puissance de certaines nations sur le marché floral.

Qu'est-ce que le slow flowers ?
Ce mouvement est une réponse à la production industrielle de fleurs et à la suprématie des Pays-Bas sur le marché au détriment des producteurs locaux qui peu à peu ferment leur entreprises face à ce géant qui occupe plus de la moitié du marché mondial.

Le mouvement a débuté aux États-Unis avec une prise de conscience : quatre vingt pour cent des fleurs coupées vendues provenait d'autres pays ou d'autres continents. Les fleurs n'étant pas un produit de première nécessité et plutôt un produit de luxe, il est impensable pour les acteurs du mouvement de soutenir un tel marché si irresponsable vis à vis de la planète. En effet, ces cultures demandent de la chaleur, et donc de l’énergie combustible, de l'eau en grandes quantités, mais aussi des matériaux plastiques pour les emballer ainsi que des énergies fossiles pour les transporter à l'autre bout de la planète

De nombreuses serres sont maintenant délocalisées dans des pays défavorisés, où les ouvriers sont sous payés et surexploités, ce qui n'est pas tolérable surtout lorsqu'il existe des producteurs locaux qui sont concurrencés par les prix cassés pratiqués par cette industrie horticole et son cortège d'engrais, de pesticides et autres agents polluants pour la planète.

Depuis des années, l'essor des Pays-Bas dans le domaine n'a cessé de croître. D'autres pays (bien loin derrière) occupent aussi une place sur ce marché florissant : Le Kenya, l’Équateur, et la Colombie en font partie. Les végétaux sont produits en quantités industrielles dans des serres immenses. Ils doivent pousser vite et bien, ce qui, nous l'avons vu, implique des méthodes pas toujours responsables pour l'environnement et les ouvriers.

Autre problème soulevé par le mouvement, celui de la saisonnalité. On trouve maintenant des tulipes, des roses et des orchidées, pour ne citer que les plus courantes, 12 mois dans l'année, ce qui est contraire au cycle de ces plantes. Elles sont donc forcées, manipulées, clonées pour être disponibles pour le consommateur qui ne prend plus le temps de réfléchir ou pire, qui ne sait même plus que ces végétaux ne fleurissent qu'à un moment particulier de l'année.

La tendance doit donc être inversée pour un retour à des pratiques plus responsables, plus respectueuses de la nature et de ses cycles, et favorisant les producteurs passionnés locaux qui sauront vous conseiller.

Les points clés du mouvement
Le mouvement Slow flowers préconise :

La reconnaissance de l'existence des saisons et leur respect en ne cueillant que des fleurs en boutons au meilleur moment et durant leur cycle naturel ;

La réduction de l'empreinte carbone en achetant les fleurs le plus près possible de leur lieu de production ;

L'encouragement à des pratiques de cultures biologiques au sein des entreprises productrices de fleurs ;

La création d'un label pour les petites exploitations et le plus grandes permettant de les repérer dans le vaste monde de la production horticole ;

L'arrêt de l'usage de produit phytosanitaires chimiques.

Le Slow flowers en France
En France, les chiffres sont encore plus alarmants puisque 9 fleurs sur 10 sont importées. En 40 ans, ce sont près de deux horticulteurs sur trois qui ont dû cesser leur activité à cause de cette concurrence industrielle.

Pourtant, chez ces producteurs passionnés, les végétaux ne sont pas brusqués, il restent authentiques, les tulipes fleurissent uniquement au printemps et les chrysanthèmes en automne. Nulle possibilité de trouver des hellébores en fleurs en été mais pourtant le collectionneur peut y dénicher la perle rare, qui tiendra longtemps dans son jardin ou en vase, sans compter les précieux conseils de ces spécialistes toujours prêts à renseigner le client et à lui donner des astuces.

Certes ce mode de production demande plus de temps et ne permet pas d'assurer des quantités industrielles et des fleurs toutes l'année, d'où la concurrence déloyale de l'industrie florale.

L'importance des circuits courts mais aussi de la saisonnalité revient aussi dans le discours d'Hotense Harang fondatrice de la plateforme 'Fleurs d'ici' qui tient à proposer des bouquets de saison, produits en France artisanalement avec des fleurs cueillies au meilleur moment pour une conservation optimale sans adjonction de produits chimiques.

Les choses commencent donc à bouger en France, pour preuve aussi le 'Collectif de la fleur Française' qui a mis en place un annuaire des producteurs locaux afin de promouvoir les exploitants horticoles, les artisans et les acteurs engagés dans ce mouvement dans notre pays.

Cette association créée en janvier 2017 par Hélène Taquet, floricultrice et Sixtine Dubly, journaliste et auteure, prône le retour a des pratiques plus responsables pour soutenir les emplois locaux et la biodiversité, mais vise aussi à se tourner vers l'avenir en encourageant l'art, la gastronomie et la science en relation avec les fleurs.

Centrale nucléaire du Tricastin : des militants de Greenpeace interpellés après une intrusion

es dizaines de militants écologistes ont investi ce vendredi matin la centrale construite en 1974 dans la Drôme, réclamant sa fermeture en raison de sa «vétusté»

Grimés en ouvriers d'une société fictive de démontage industriel, ils ont investi la centrale nucléaire du Tricastin, située sur la commune de Saint-Paul-Trois-Château (Drôme), ce vendredi au petit matin. Peu avant 7 heures, plusieurs dizaines de militants de Greenpeace se sont rendus sur différents points « non stratégiques » du site nucléaire, selon un porte-parole de la préfecture de la Drôme.

Les militants ont mimé à l'entrée visiteurs le démantèlement de la centrale à l'aide de petits engins de chantiers, de fûts siglés du symbole nucléaire, de marteaux géants et de brouettes, comme le montrent des photos diffusées sur le compte Twitter de l'ONG.

« Fissurée, périmée, à démonter »
À l'issue de ce « happening », 26 militants ont été interpellés. Peu avant 9 heures, les gendarmes ont procédé dans le calme à l'interpellation de deux groupes de 12 et 14 personnes, selon la préfecture. D'autres militants étaient restés à l'extérieur du site.




LIRE AUSSI > Fessenheim : comment démantèle-t-on une centrale nucléaire ?

À travers cette introduction sur le site, ils entendaient réclamer sa fermeture en raison de sa « vétusté ». En outre, plusieurs panneaux accrochés sur les grilles d'une entrée du site indiquaient « permis de démanteler », alors que des banderoles qualifiaient la centrale construite en 1974 de « fissurée, périmée, à démonter ».

Le jour de l'arrêt du réacteur n° 1 de Fessenheim
« 40 ans, c'est la durée maximale pour laquelle les centrales nucléaires ont été conçues. Aujourd'hui, Tricastin entre dans une phase de vieillissement qui est inconnue des ingénieurs qui l'ont conçue, donc ça veut dire qu'on a de plus en plus de risques », a déclaré Céline Génot, chargée de communication de Greenpeace France.

Cette action, qui a mobilisé au total « une cinquantaine de militants », d'après Greenpeace, intervient le jour même où le réacteur n° 1 de la centrale de Fessenheim, plus ancienne centrale nucléaire française en activité, doit être définitivement mis à l'arrêt dans la nuit.

Objectif de la fin du glyphosate en 2021 pas tenu : "Ceux qui tardent sont responsables", prévient Julien Bayou, secrétaire national d’EELV

Julien Bayou, secrétaire national d’EELV a rappelé ce vendredi sur franceinfo qu'"il fallait en finir avec le glyphosate" alors qu'Emmanuel Macron vient d'annoncer dans la presse régionale que l'objectif 2021 pour stopper son utilisation ne sera pas tenu sur l'ensemble des exploitations agricoles. "Ceux qui tardent sont responsables", a-t-il ajouté pointant le risque "d’un scandale sanitaire".

"Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron fait du Macron. Il a annoncé une promesse dans trois ans. C'était il y a bientôt trois ans. En fait, il nous annonce qu'elle ne sera pas tenue. Alors peut-être qu'après, il nous expliquera que c'est pour un second mandat. Non, nous disons, il y a un enjeu de santé publique, un enjeu de protection de la biodiversité. Il faut en finir avec le glyphosate", a-t-il affirmé.

Risque d'un scandale sanitaire
Julien Bayou C'est avéré dans le développement de certains lymphomes, dans une toxicité pour la reproduction humaine, Je ne parle même pas de la faune et des milieux aquatiques. C'est avéré donc maintenant, c'est ceux qui tardent sont responsables", a-t-il dit.

Il met en garde contre le scandale sanitaire : "On est sur un scandale sanitaire latent de type chlordécone. Là aussi au nom du chlordécone, dans les Antilles, on a pollué les corps et les sols en disant, c'est important pour l'économie. C'est une impasse. Il faut en sortir", a-t-il assuré.

Dans les Antilles françaises, le chlordécone était utilisé pour lutter contre le charançon du bananier, un insecte ravageur. Interdit par la France en 1990, son utilisation a pourtant perduré jusqu'en 1993.

L’épidémie de coronavirus fait baisser les émissions de CO2 de la Chine de 25 %

Alors que la Chine est confrontée à l’une des plus graves épidémies de virus du siècle, les répercussions sur la demande énergétique et les émissions du pays commencent à se faire sentir.

La demande d’électricité et la production industrielle restent bien en deçà de leurs niveaux habituels selon une série d’indicateurs, dont beaucoup sont à leur plus faible moyenne sur deux semaines depuis plusieurs années. Il s’agit notamment de : l’utilisation de charbon dans les centrales électriques, les taux d’exploitation des raffineries de pétrole dans la province de Shandong, la production des principales lignes de produits sidérurgiques, les niveaux de pollution atmosphérique par le NO2 (ils ont baissé de 36 % par rapport à la même période l’année dernière), les vols intérieurs (en baisse de 70 % par rapport au mois dernier).

Au total, les mesures visant à contenir le coronavirus ont entraîné une réduction de 15 à 40 % de la production dans les principaux secteurs industriels. Il est probable que ces mesures ont permis d’éliminer un quart ou plus des émissions de CO2 du pays au cours des deux dernières semaines, période où l’activité aurait normalement repris après les vacances du nouvel an chinois.

Sur la même période en 2019, la Chine a rejeté environ 400 millions de tonnes de CO2 (MtCO2), ce qui signifie que le virus pourrait avoir réduit les émissions mondiales de 100 MtCO2 à ce jour, soit 6 % des émissions mondiales sur la même période. La question clé est de savoir si les impacts sont durables, ou s’ils seront compensés - ou même inversés - par la réponse du gouvernement à la crise.

Mille scientifiques l’affirment : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »

Près de mille scientifiques ont lancé jeudi 20 février un appel dans lequel ils revendiquent la légitimité de la désobéissance civique. Le voici :

« Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »
« Faisant le constat de l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique et climatique, plus de 1000 scientifiques de toutes disciplines appellent les citoyens à la désobéissance civile et au développement d’alternatives. Ils exhortent les responsables politiques à changer radicalement notre modèle économique et productif et à prendre au sérieux les propositions de la Convention citoyenne sur le climat.

Cet appel s’inspire de tribunes similaires dans The Guardian et Le Temps. »

« Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.

Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).

Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1°C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins +3°C d’ici 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5°C est désormais hors d’atteinte à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5°C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. À ces niveaux de température, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité provoquant le décès par hyperthermie.

Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer les conséquences de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.

Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des Gilets jaunes a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.

L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici 2050.

La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.

En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate…). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales…), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation :notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables. Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité. Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre. »

Tribune initiée par :

• Joana Beigbeder, Enseignant-chercheur en science des matériaux, Institut Mines-Télecom – Mines Alès (IMT Mines Alès)

Exclusif : le kit de Reporterre pour aider les maires (et les citoyens) à devenir écolo

Les 15 et 22 mars prochains, les quelque 36.000 communes françaises renouvelleront leur conseil municipal. Si les communes et les intercommunalités n’ont pas tous les leviers pour agir en faveur de la transition écologique, elles sont cependant bien outillées. Dans ce dossier fouillé, Reporterre propose un « kit » de ce que peuvent – ou pas – les communes en matière écolo. Maires, candidats, citoyens, c’est à vous d’agir, maintenant !

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À la question « que peut un maire pour l’écologie ? », Mohamed Gnabaly, maire sans étiquette de l’Île-Saint-Denis répond sans ambages : « Énormément ! » Également vice-président à la transition écologique au sein de l’Association des maires de France, il est intarissable quant aux réalisations vertes des communes. Consommation énergétique, mobilité, restauration scolaire, espaces verts, mobilité… À l’écouter, les édiles seraient des superhéros de la transition écologique. D’autres communes — de Grande-Synthe, dans le Nord, à Muttersholtz, dans le Bas-Rhin — qui ont fait de l’écologie leur cheval de bataille depuis plusieurs années, semblent lui donner raison.

Il suffit d’ailleurs de parcourir les programmes des candidats pour s’en convaincre : l’écologie est au cœur des élections municipales et intercommunales de mars prochain [1]. Tous bords politiques confondus, chacun rivalise d’inventivité afin de se poser en champion vert. Mais que peuvent-ils vraiment faire face à la crise écologique ? Reporterre s’est plongé dans les rouages de la politique locale, et vous propose quelques clés de compréhension.

1. Les élus locaux peuvent-ils réellement agir contre la crise écologique ?
Tous les observateurs écolos s’entendent pour le dire : « Les collectivités locales jouent un rôle majeur en matière d’émissions de gaz à effet de serre, assure par exemple le laboratoire d’idées La Fabrique écologique. Elles sont responsables directement pour leur patrimoine et leurs compétences de 15 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), et indirectement de 50 % d’entre elles. » Certaines associations, comme le WWF, vont même plus loin, affirmant que « 70 % de l’empreinte carbone des ménages français proviennent des secteurs du transport, du logement et de l’alimentation. Or, ce sont des domaines où les collectivités locales ont des prérogatives clés. »

Et le responsable du programme « villes durables » de l’ONG, Pierre Cannet, de préciser : « La ville et le territoire se vivent comme le terrain du réel vis-à-vis de cette transition écologique. Les communes sont sur le front de la mise en œuvre, mais elles sont aussi au front des conséquences de la crise écologique, et doivent faire face aux pollutions et aux enjeux d’adaptation. »

Ulysse Blau, qui est parti à vélo à la rencontre d’une soixantaine d’édiles du Calvados en 2019, enchérit : « Le maire a un pouvoir immense, la limite de son pouvoir est là où il la pose. » Lors de son périple, il a demandé à chaque élu les actions qu’il avait entreprises et celles qui lui avaient paru impossibles à mettre en œuvre. Production d’énergie renouvelable locale, maintien de commerces de proximité… Conclusion : « Tout ce qui m’avait été listé comme impossible par certains avait été réalisé par d’autres. Certains maires font des choses que d’autres pensent infaisables. »

Attention à ne pas surestimer l’importance de l’échelon local, souligne néanmoins la Fabrique écologique : « Les communes et les intercommunalités ne peuvent pas à elles seules gagner la bataille du climat. Il serait évidemment illusoire de penser, comme le font certains courants de pensée “localistes” ou encore de “l’écologie par le bas”, que seul compterait ou devrait compter ce qui se passe dans les territoires. » Charles-Adrien Louis, du cabinet B&L évolution, rappelle pour sa part que « les collectivités locales ne gèrent pas tout » ; les régions, l’État, l’Union européenne — mais aussi chacun d’entre nous — ont un rôle important à jouer dans la transition écologique.

2. Que peuvent faire les élus pour la transition écologique ?
« Quand on aborde ce sujet de l’écologie, la première chose qui vient à l’esprit d’un maire, c’est la gestion des déchets ménagers », témoigne Ulysse Blau. La collecte et le traitement des ordures sont en effet une compétence des communautés de communes. Également, « l’interdiction des pesticides dans les collectivités françaises depuis 2017 est un sujet majeur dans les mairies ». Depuis la loi Labbé, l’entretien des espaces verts et autres lieux publics doit se faire sans traitement phytosanitaire.

Au-delà de ces deux domaines, les communes et les intercommunalités, aussi appelées le « bloc communal », sont en première ligne sur le front écologique. D’abord par les achats publics : pour effectuer des travaux, entretenir des espaces verts, alimenter les cantines scolaires ou pour ses différentes fournitures, les municipalités passent des commandes et des marchés publics. D’après le site du Pacte pour la transition, ces achats représenteraient 1,6 milliard d’euros par an pour la commune de Paris, 80 millions à Grenoble. Et bien qu’il s’agisse d’un domaine très réglementé, avec notamment une obligation d’égalité de traitement des candidats répondant aux appels d’offre, il est tout à fait possible de favoriser les entreprises locales et de mettre en avant des critères sociaux et environnementaux. « La commune a un rôle de locomotive et d’exemplarité », conclut Pierre Cannet. Dans cette même veine, le Pacte pour la transition a développé d’autres mesures transversales tel le « financement des projets de la commune par des prêts issus de financement éthique » ou l’adoption de « logiciels libres dans les services publics ».

Outre la commande publique, le WWF a identifié quatre leviers d’action : « la planification stratégique, la réglementation, le soutien financier et technique et l’animation territoriale ». Élaboré et voté par les élus, le plan local d’urbanisme (PLU) joue ainsi un rôle stratégique autant que règlementaire essentiel. « La collectivité locale est maîtresse sur l’urbanisation, explique Charles-Adrien Louis. Par cette entrée, on peut modeler le territoire. » Les élus locaux peuvent aussi influencer l’implantation des commerces — de proximité ou grandes surfaces —, la construction d’habitations et la préservation d’espaces naturels ou agricoles.

Ces prérogatives sont également importantes afin « de préparer le territoire et d’anticiper les risques » liés aux dérèglements climatiques, poursuit le consultant. « Ne pas construire en zone inondable ou sur des sols argileux sensibles aux sécheresses, orienter les nouveaux bâtiments par rapport au soleil, végétaliser les centres-villes pour limiter les îlots de chaleurs, énumère-t-il. On ne crée pas une ville verte en un an. » De même, l’autonomie alimentaire, énergétique, en eau se planifient.
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Le quatrième Conseil de défense écologique se contente de mesurettes

Pas de grande annonce mais une série de mesures techniques : tel est le bilan du quatrième Conseil interministériel de défense écologique, présidé par Emmanuel Macron, qui s’est déroulé ce mercredi 12 février à 12 h à l’Élysée. À son issue, la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, a annoncé une série de mesures sur trois sujets : l’adaptation au dérèglement climatique, et en particulier aux inondations et au recul du trait de côte ; la protection de la biodiversité ; et l’exemplarité des services en matière de transition écologique.

« 17 millions de nos compatriotes [sont] exposés au risque d’inondations », a indiqué la ministre aux journalistes présents. Face à cette situation, le Conseil de défense écologique a décidé de diviser par deux la durée d’élaboration des programmes d’action pour la prévention des inondations « qui peuvent aujourd’hui prendre jusqu’à huit ans », a rapporté Mme Borne. En-deçà de 20 millions d’euros, ces programmes de prévention seront désormais validés au niveau local. Le Conseil promet également de garantir la capacité du Fonds Barnier de prévention des risques naturels, et d’accompagner neuf sites, parmi lesquels Marseille, Dax et Vernon, dans la réduction de leur exposition au risque d’inondation, avec une équipe d’architectes, d’urbanistes et d’ingénieurs.

Pour ce qui est de prévenir les conséquences du recul du trait de côte, qui concerne 20 % de la surface maritime française et pourrait menacer 50.000 logements d’ici la fin du siècle, le conseil préconise, pour les sites menacés à court terme, d’interdire les nouvelles constructions, en relocaliser certaines, et de recréer les dunes, des forêts, des prairies qui limitent l’érosion d’ici trente ans. Il annonce également la création d’un permis de construire pour ces espaces menacés, [qui] autorisera seulement les constructions non pérennes et démontables et la création d’une obligation d’information transparente et objective des acheteurs et locataires sur le risque d’érosion.

En matière de biodiversité, la ministre a rappelé la promesse d’Emmanuel Macron du 6 mai 2019, de mettre sous statut protecteur 30 % du territoire terrestre et maritime de la France — dont « 10 % sous protection forte ». Elle a rappelé la création de quatre parcs naturels régionaux, du mont Ventoux, du Doubs-Horloger, de la baie de Somme-Picardie maritime et de Corbière-Fenouillède, et du « plus grand parc de forêt d’Europe » en Bourgogne et Champagne fin 2019. Jeudi 13 février, Emmanuel Macron doit en outre annoncer un arrêté de protection du sommet du Mont-Blanc, qui bénéficie déjà du statut de site classé. Pour rappel, deux événements internationaux importants pour la protection de la biodiversité sont prévus en 2020, le congrès mondial de la nature, en juin à Marseille et la COP15 en octobre en Chine, et le président de la République entend bien s’y présenter comme champion de la biodiversité.

Enfin, Mme Borne a annoncé vingt mesures censées favoriser la transition écologique des services publics : forfait mobilité durable de 200 euros pour les agents de la fonction publique d’État se rendant au travail à vélo ou en covoiturage, arrêt des achats de plastique à usage unique pour les lieux de travail et les événements, fin de l’utilisation des pesticides sur tous ses sites ouverts au public ou non, fin des trajets en avion si un trajet alternatif de moins de quatre heures existe, etc.

Ces mesures semblent anecdotiques en comparaison avec les annonces qui ont suivi les précédents conseils, depuis la création de cette instance le 15 mai 2019. Le premier Conseil, le 23 mai 2019, avait abouti à l’abandon « en l’état » du projet minier controversé de la Montagne d’or, en Guyane ; le second, le 9 juillet 2019, avait instauré une écocontribution sur les vols au départ de la France à partir de 2020 ; et le troisième, le 7 novembre 2019, avait été marqué par l’abandon du projet de mégacentre commercial EuropaCity, sans toutefois remettre en question l’urbanisation du triangle de Gonesse.

Elles n’ont en tout cas pas satisfait les associations écologistes. Greenpeace a dénoncé des « petits pas » et « l’hypocrisie (...) au sommet » d’Emmanuel Macron, rappelant que « dans sa stratégie nationale bas carbone, présentée récemment, le gouvernement envisage d’émettre plus de gaz à effet de serre que ce qui était prévu initialement ». Dans un tweet, le porte-parole climat de l’ONG, Clément Sénéchal, indique que « le même jour que le Conseil de défense écologique, les députés européens d’Emmanuel Macron [ont voté] un accord de libre-échange climaticide avec le Vietnam ». « Dans le secteur des transports, l’annonce d’un forfait mobilité durable de 200 euros pour les agents d’État constitue un recyclage d’une mesure de la loi d’orientation des mobilités. Par ailleurs ce dispositif n’a toujours pas été rendu obligatoire pour les salariés du secteur privé », rappelle pour sa part le Réseau Action Climat sur Twitter. En janvier, l’association avait dénoncé le « grand écart entre discours et petits pas » caractérisant la politique climatique du gouvernement.

Chambéry : des manifestants qui bloquaient l'aéroport délogés à coups de gaz lacrymogène

L'accès à l'aéroport de Chambéry a été bloqué pendant quelques heures, à l'appel de plusieurs associations dont Extinction Rebellion. Les militants réclament la réduction du trafic aérien et la taxation du kérosène

Un centaine de manifestants ont bloqué samedi 15 février l'accès à l'aéroport de Chambéry Savoie-Mont-Blanc, à l'appel de trois associations, Extinction Rébellion, Attac et Les Amis de la Terre, selon les informations de France Bleu Pays de Savoie. Ils demandent la réduction du trafic aérien et la taxation du kérosène, pour limiter la pollution dans le bassin chambérien.

Les manifestants, arrivés vers 11 heures, se sont assis sur la route et ont empilé des skis pour empêcher les automobilistes d'accéder à l'aéroport, avant de lever le blocage peu avant 15 heures. Les forces de l'ordre ont lancé une opération pour les déloger, en utilisant notamment des gaz lacrymogènes.




Extinction Rebellion dénonce dans un communiqué un "gazage à bout portant". "Jeudi, lors de sa visite au Mont-Blanc, le président de la République déclarait que la lutte pour protéger l’environnement était 'le combat du siècle'. Aujourd’hui, l’exécutif fait gazer à bout portant des activistes qui mènent sur le terrain ce 'combat du siècle'", pointe l'association dans un communiqué.

Seul l'accès des voitures à l'aéroport a été bloqué. Une déviation avait été mise en place pour faciliter le trafic. Les accès piétons sont restés accessibles et aucun vol n'a été annulé. Extinction Rebellion, Attac et Les Amis de la Terre demandent à terme, ils demandent la fermeture de l'aéroport.


Extinction Rebellion Chambéry

SUIS-JE ÉLIGIBLE A UNE CURE THERMALE CONVENTIONNÉE ?

Pour savoir si vous êtes éligible à une cure thermale conventionnée, il faut en parler avec votre médecin, seul apte à vous prescrire une cure thermale si c’est une solution efficace pour votre pathologie.
Une cure thermale conventionnée doit en effet être obligatoirement prescrite par un médecin (votre médecin traitant ou un spécialiste, Rhumatologue par exemple) et être d’une durée de 18 jours de soins, dispensés 6 jours sur 7 (pas de soins le dimanche) pour bénéficier d’une prise en charge de l’Assurance Maladie.

Votre médecin traitant (ou votre spécialiste) doit vous prescrire la cure en remplissant le formulaire officiel (télécharger un spécimen de formulaire de prise en charge) au plus tard au cours du trimestre qui précède la date souhaitée pour votre cure. Il prescrit votre cure en fonction de votre état de santé. Il indique sur la prise en charge de l’Assurance Maladie la ou les orientations thérapeutiques et la station thermale recommandée pour votre pathologie. Pour le traitement de 2 affections simultanées, il précise la double orientation et la station adaptée.
➜ Le retour de votre prise en charge doit vous parvenir dans un délai de 1 mois : vérifiez-la !

Votre médecin peut vous prescrire une cure thermale conventionnée si vous souffrez d’une des pathologies suivantes :



// Rhumatologie //
Arthrose – Rhumatismes dégénératifs et inflammatoires – Troubles musculo-squelettiques – Ostéoporose – Lombalgie – Sciatique – Tendinites – Polyarthrite rhumatoïde – Spondylarthrite ankylosante – Séquelles de traumatismes ou d’interventions chirurgicales – Inflammation chronique des tendons – Syndrome fibromyalgique – Raideurs articulaires – Suites de fracture

Découvrez les stations thermales prenant en charge la Rhumatologie (RH)




// Phlébologie //
Insuffisance lymphatique – Hémorroïdes – Jambes lourdes – Œdèmes chroniques des membres inférieurs – Séquelles de phlébite – Syndrome de Raynaud – Thrombose veineuse et séquelles – Troubles vasculaires des extrémités – Varices et ulcères variqueux

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// Neurologie //
Atteintes musculaires d’origine neurologique – Fibromyalgie – Maladie de Charcot Marie Tooth – Maladie de Parkinson – Paralysies après un accident vasculaire cérébral – Post Polio – Sclérose en plaques – Séquelles d’hémiplégie – Séquelles de paraplégies

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// Voies Respiratoires //
Allergies respiratoires – Asthme – Bronchites – Otites – Sinusites – Rhinites allergiques – Angines – Rhinosinusites – Rhinoplastie – Rhino-pharyngites récidivantes – Rhume des foins – Toux spasmodiques – BPCO

Les derniere infos ( Suite )