Les derniere infos de Decembre 2019

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Pour l'OMS, la résistance aux antibiotiques est une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale

Occupant la 8e place du classement des pays les plus consommateurs d'antibiotiques, la France bien que s'étant améliorée sur ce point, reste parmi les mauvais élèves. L'antibiorésistance tue déjà 12.500 patients en France chaque année et pourrait devenir une des principales causes de mortalité d'ici plusieurs dizaines d'années.

La résistance aux antibiotiques ou l'antibiorésistance désigne l'inefficacité d'un médicament antibiotique dans le traitement d'une infection et donc son impossibilité à la guérir. Elle s'explique par le développement de bactéries spécifiques et résistantes à ces médicaments.

Les antibiotiques «bloquent la croissance des bactéries en inhibant la synthèse de leur paroi, de leur matériel génétique (ADN ou ARN), de protéines qui leur sont essentielles, ou encore en bloquant certaines voies de leur métabolisme. Pour cela, ils se fixent sur des cibles spécifiques», explique l'Inserm sur son site.

En effet, au début du 20e siècle, la découverte de la microbiologie et l'efficacité des antibiotiques a encouragé leur usage de masse tant pour les humains que pour les animaux. Un comble quand on sait que les antibiotiques ont permis une baisse considérable de la mortalité tout au long du siècle dernier.

QUELLES EN SONT LES CAUSES ?
Et pourtant, le recours massif à ces nouveaux médicaments est justement ce qui a fait baisser leur efficacité. Plus exactement, c'est ce qui a poussé les bactéries à se réinventer en quelque sorte pour échapper aux antibiotiques. L'Inserm parle d'«une pression de sélection sur les populations bactériennes» qui va encourager les bactéries à muter et se doter de système de défense contre les molécules des antibiotiques.

Mais au-delà de cet effet naturel lié au recours massif à ces médicaments, c'est le mésusage et en particulier le recours excessif aux antiobiotiques qui amplifie le phénomène de résistance.

«Par ailleurs, hommes et animaux rejettent une partie des antibiotiques absorbés, via leurs déjections. D'où la présence de bactéries résistantes dans les cours d'eau en aval des villes ou des élevages, voire dans les nappes phréatiques», précise l'Inserm. Un constat qui complique la prise en charge du problème de la résistance.

QUELLES CONSÉQUENCES ?
Le phénomène de résistance est pointé par l'OMS comme une grave menace. Elle pèse à la fois sur «la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement».

En effet, l'institution internationale alerte face au nombre croissant d'infections telles que la pneumonie, la tuberculose et la salmonellose qui deviennent plus difficile à traiter et à éradiquer.

Périhélie

152.104.285 km ! Voici la distance qui nous séparait de notre étoile il y a quelques heures. En effet, dans la nuit du 4 au 5 juillet, à minuit et onze minutes, heure de Paris (22 h 11 UTC), notre planète est passée à son aphélie, c'est-à-dire au point de son orbite le plus éloigné du Soleil. À ce moment-là, la Terre était 1,67 % plus loin du Soleil que la distance moyenne Terre-Soleil définie par une unité astronomique (UA), égale à 149.597.870,7 km. Elle se trouvait également à 5 millions de kilomètres de plus du Soleil qu'à son point le plus proche, appelé périhélie, atteint le 3 janvier 2019 (à 147.099.760 km).

Aux alentours de l'aphélie, la Terre reçoit globalement 7 % de rayonnement en moins par rapport au périhélie et le disque solaire apparaît environ 3,6 % plus petit dans notre ciel. Cette subtile variation, qui s'est mise en place graduellement durant les six derniers mois, ne se distingue pas à l'œil nu. Alors que la Terre vient de passer au plus loin du Soleil quand bien même nous, dans l'hémisphère nord, suffoquons dans la chaleur de l'été (tandis que l'hémisphère sud est en hiver, et inversement pour le périhélie), nous avons la preuve que les saisons sont essentiellement influencées par l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre et le trajet de celle-ci le long de son orbite, et non par la distance au Soleil. Le prochain passage au périhélie aura lieu le 5 janvier 2020 (à 147.091.144 km selon timeanddate), suivi de l'aphélie le 4 juillet 2020 (152.095.295 km). Que ce soit pour l'aphélie ou le périhélie, la distance Terre-Soleil peut varier de plusieurs milliers de kilomètres d'une année à l'autre en fonction des perturbations gravitationnelles exercées par la Lune.

L'Australie en ébullition avec de nouveaux records de température

La situation s'est encore aggravée en Australie. Cette semaine, le pays a battu plusieurs fois son record de chaleur. Le thermomètre a frôlé les 50 degrés. Des conditions où les incendies se propagent à une vitesse désespérante.
21 déc. 20:18 -
C'est la grande inquiétude des autorités australiennes pour les heures à venir. Les conditions météo vont être catastrophiques. Les températures officielles dépassent les 47 degrés. Les forêts brûlent sans limite et les moyens sont souvent dérisoires. En trois mois, 3 millions d'hectares sont déjà partis en fumée. Dans les zones d'habitation, 800 maisons ont déjà brûlé depuis octobre.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 21/12/2019 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 20H du 21 décembre 2019 des reportages sur l’actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français.

En Espagne, les intempéries font une septième victime

INTEMPÉRIES - Un pêcheur est mort après être tombé à l'eau en raison des vents violents qui soufflaient encore, ce dimanche matin, en Catalogne. Un décès qui porte à sept le nombre des victimes des intempéries en Espagne.
22 déc. 15:28 - La rédaction de LCI
Le bilan est lourd : sept morts en quatre jours. Un pêcheur catalan, décédé ce dimanche 22 décembre en tombant à l’eau, s’ajoute à la liste des victimes des intempéries en Espagne depuis jeudi dernier. Selon les autorités, cette mort est directement liée aux vents particulièrement violents qui frappent le pays sans répit avec le passage en série de la tempête Elsa puis à partir de jeudi soir puis de Fabien.

Deux tempêtes consécutives
Selon l'administration régionale de Catalogne, la mort de l’homme dans une station balnéaire à une centaine de kilomètres de Barcelone, est étroitement liée aux vents violents. "En raison du vent, un pêcheur est tombé à l'eau, du haut des rochers, et a perdu la vie à Sant Feliu de Guíxols", ont ainsi écrit les autorités dans un communiqué. Un autre pêcheur et trois policiers locaux, ont failli périr dans les mêmes conditions après avoir sauté à l’eau pour tenter, en vain, de venir en aide à la victime. Ils ont été secourus par hélicoptère, d'après le récit de médias locaux.

Ce sont donc désormais sept morts liées aux intempéries à travers le pays. A Madrid, par exemple, une Sud-Coréenne de 32 ans a été touchée par la chute de débris tombés d'un édifice public de la ville. Dans la région d’Andalousie, dans le sud, un automobiliste a, pour sa part, été emporté par une rivière en crue.

En conséquence de cette météo, le service téléphonique d'urgence de Catalogne ne cesse de sonner. La protection civile explique ainsi avoir reçu 1.118 appels en lien avec le vent, surtout pour signaler des arbres tombés, des dégâts sur le mobilier urbain ou encore les toitures. "La tempête Fabien s'éloigne rapidement", a cependant indiqué Aemet , le service public de météorologie espagnol.

Des arcs-en-ciel lunaires observés dans le Sud de la France

Un arc-en ciel, de nuit. C'est le phénomène optique fascinant qui a été observé la même nuit dans l'Hérault et les Pyrénées-Orientales.
Le HuffPost
NATURE - Les arcs-en-ciel sont rares. Les arcs-en-ciel nocturnes, encore plus!

Vous ne le saviez peut-être pas, mais les arcs-en-ciel - qui se forment habituellement grâce aux rayons du soleil - peuvent aussi apparaître la nuit grâce à la lumière d’une lune pleine ou quasiment pleine, un ciel sombre et de la pluie. Quand les conditions sont réunies, la lumière de la lune peut aussi venir frapper les gouttes de pluie et l’humidité pour créer ce qu’on appelle un arc-en-ciel lunaire ou “moonbow” pour les anglosaxons.

Ce vendredi 13 décembre, au lendemain de la pleine lune, tous les astres semblent s’être alignés: plusieurs personnes ont observé ce phénomène et l’ont immortalisé. Ainsi, ce samedi, dans L’Indépendant et le Midi Libre, les internautes peuvent découvrir les clichés de passionnés.

Dans l’Hérault, c’est depuis la commune d’Aniane que Nicholas Bourgnoux, créateur de la page Météo-Hérault a observé cet arc-en-ciel lunaire.

Aspirine, Doliprane, Advil... Ces médicaments ne seront plus en accès libre dans les pharmacies à partir du 15 janvier

L'aspirine, le Doliprane ou l'Advil, médicaments vendus sans ordonnance, ne seront plus en accès libre dans les rayons des pharmacies, mais obligatoirement rangés derrière le comptoir à partir du 15 janvier, a annoncé, mardi 17 décembre, l'agence du médicament (ANSM). Cette décision intervient pour limiter les risques liés à un mauvais usage.

"Cette mesure s'inscrit dans la continuité des actions menées par l'Agence pour sécuriser l'utilisation de ces médicaments, notamment l'arrivée dans les prochains mois d'un message sur les boîtes des médicaments contenant du paracétamol afin d'alerter sur le risque pour le foie en cas de surdosage", a fait valoir l'ANSM dans un communiqué publié sur son site. Il s'agit de renforcer "le rôle de conseil du pharmacien auprès des patients qui souhaitent en disposer sans ordonnance", poursuit l'agence du médicament.

Des médicaments utilisés en automédication
Ces médicaments sont les plus utilisés en automédication comme anti-douleurs ou anti-fièvre chez les adultes et les enfants, selon l'ANSM. Jusqu'à maintenant, ils peuvent être vendus en accès direct, c'est-à-dire en se servant soi-même dans les rayons de la pharmacie. C'est toutefois laissé à la discrétion de chaque pharmacien, qui peut choisir de les placer derrière son comptoir.

Un mauvais usage comporte des risques. Pris à des doses trop élevées, le paracétamol peut provoquer de graves lésions du foie, qui peuvent nécessiter une greffe, voire être mortelles. Pour un adulte sain de plus de 50 kilos, la dose maximale de paracétamol est de 3 grammes par 24 heures, c'est-à-dire 1 gramme par prise avec un espace d'au moins 6 heures entre chaque prise.

Les scientifiques inquiets de l'accélération du déplacement du pôle magnétique

LE PÔLE NORD MAGNÉTIQUE SE DÉPLACE À UNE VITESSE QUI INTRIGUE LES SCIENTIFIQUES

Le Modèle Magnétique Mondial recense les mouvements du pôle magnétique.[NOAA NCEI/CIRES]
Le Pôle Nord magnétique, celui vers lequel pointe le Nord sur les boussoles, se déplace de plus en plus vite. Depuis les années 1990, il se déplace ainsi de près de 40 km par an en direction de la Sibérie, rapporte le Financial Times.

«Depuis sa découverte en 1831, le Pôle Nord magnétique a parcouru près de 2.250 km», explique le Centre National de l'Information Environnementale. Et le mouvement s'est accéléré lors des dernières décennies, atteignant près de 55 km par an, avant donc de ralentir à environ 40 km par an au cours de dernières années. En revanche, le Pôle Nord géographique reste, bien sûr, au même endroit.

e Pôle magnétique de la Terre est lié aux mouvement du fer en fusion qui circule sous la croûte terrestre. Mais les scientifiques ne comprennent pas pourquoi il se déplace désormais aussi vite, atteignant un rythme jamais atteint jusqu'à présent. «Le mouvement depuis les années 1990 est plus rapide qu'au cours des quatre derniers siècles, a expliqué la spécialiste en géomagnétique Ciaran Beggan, du British Geological Survey, au Financial Times. Nous ne savons vraiment rien sur les changements dans le phénomène à l'origine du mouvement».

Les mouvements du pôle magnétique sont consignés dans ce que l'on appelle le Modèle Magnétique Mondial, qui recense les mouvements énergétiques qui servent pour les GPS, les boussoles, et sont utilisés par la NASA ou encore l'armée.

Ce modèle est renouvelé tous les cinq ans, et vient de l'être la semaine dernière, un an plus tôt que prévu. La vitesse à laquelle se déplace le Pôle magnétique avait en effet rendu le modèle existant obsolète moins de cinq ans après sa mise en place.

Changement climatique : la moitié des points de non-retour atteints plus vite que prévu

En matière de climat, les scientifiques définissent des points de non-retour comme des seuils qui, une fois dépassés, entraînent des changements importants au niveau de notre planète. Et justement, certains d'entre eux seraient d'ores et déjà dépassés, faisant craindre une cascade de conséquences dramatiques.

« Il y a une décennie, nous avons identifié une série de points de non-retour potentiels dans le système terrestre. Les politiciens, les économistes et même quelques scientifiques refusaient de croire qu'ils puissent un jour être atteints. Pourtant aujourd'hui, nous avons la preuve que plus de la moitié d'entre eux ont été dépassés. » C'est le triste constat que partagent des chercheurs dans la revue Nature. En cause, vous l'aurez compris : le réchauffement climatique provoqué par les activités humaines.

Comme c'est le cas pour les émissions de gaz à effet de serre, les pressions augmentent et continuent à s'élever au-delà de niveaux déjà sans précédent. « Mais nous devons aussi reconnaître que nous avons sous-estimé les risques », souligne Johan Rockström, directeur de l'Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam (Allemagne). Ceux d'une Terre qui finalement semble « autoamplifier » son réchauffement. Et pour définir à quel point, les chercheurs devront encore travailler dur.

Par le passé, les experts pensaient ainsi que pour mettre en danger notre planète, il faudrait atteindre une température de 5 °C supérieure aux moyennes préindustrielles. Ils ont, depuis, revu leur copie. Ils estiment désormais qu'un réchauffement de 1 à 2 °C serait suffisant pour provoquer une cascade de catastrophes.

Limiter nos émissions de toute urgence
Or la température globale est aujourd'hui déjà de 1,1 °C supérieure aux moyennes préindustrielles. Et il est probable que la Terre franchira la barre des +1,5 °C dès 2030. Il n'y a, de toute évidence, plus de temps à perdre pour déclarer un état d’urgence planétaire. Car, à en croire les chercheurs, le réchauffement climatique menace désormais l'existence même des civilisations humaines.

Documentaire 5G Apocalypse - VOSTFR

Tandis que la Chine vient d'annoncer se préparer à la 6G, revenons à travers ce documentaire en version originale sous-titrée en français sur les dangers de la 5G.

Les députés disent oui à l’expérimentation du cannabis médical auprès de 3 000 patients

Le projet de budget de la Sécu pour 2020 prévoyant à titre expérimental, pour deux ans, d’autoriser l’usage médical du cannabis a été adopté mercredi à une large majorité.

Les députés se sont largement mercredi 16 octobre prononcés en commission en faveur d’une expérimentation de l’usage médical du cannabis, même si certains élus se sont interrogés sur le signal envoyé aux jeunes ou sur la question de la production de la substance.Résultat d’images pour Cannabis

L’amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM) au projet de budget de la Sécu pour 2020 prévoit à titre expérimental, pour deux ans, d’autoriser l’usage médical du cannabis. Il a été adopté « à une très large majorité » en commission des Affaires sociales, selon une source parlementaire.

L’expérimentation devrait concerner environ 3 000 patients, pour traiter des douleurs liées par exemple au cancer ou à la sclérose en plaques, a expliqué M. Véran. Elle se fera sur prescription médicale dans plusieurs centres hospitaliers, et la substance pourra être administrée sous forme de « fleurs séchées, huiles ou tisanes ».

Le projet de budget de la Sécu pour 2020 prévoyant à titre expérimental, pour deux ans, d’autoriser l’usage médical du cannabis a été adopté mercredi à une large majorité.

Les députés se sont largement mercredi 16 octobre prononcés en commission en faveur d’une expérimentation de l’usage médical du cannabis, même si certains élus se sont interrogés sur le signal envoyé aux jeunes ou sur la question de la production de la substance.

L’amendement du rapporteur Olivier Véran (LREM) au projet de budget de la Sécu pour 2020 prévoit à titre expérimental, pour deux ans, d’autoriser l’usage médical du cannabis. Il a été adopté « à une très large majorité » en commission des Affaires sociales, selon une source parlementaire.

L’expérimentation devrait concerner environ 3 000 patients, pour traiter des douleurs liées par exemple au cancer ou à la sclérose en plaques, a expliqué M. Véran. Elle se fera sur prescription médicale dans plusieurs centres hospitaliers, et la substance pourra être administrée sous forme de « fleurs séchées, huiles ou tisanes ».

Soutien venu de tous les bords

Soulignant que « 17 pays de l’Union européenne l’ont déjà autorisé sous différentes formes », M. Véran, neurologue de profession, a dit avoir vu des patients qui ne « tiennent le coup » qu’en consommant du cannabis, pointant « beaucoup d’hypocrisie » sur le sujet.

La france devient le premier pays d'europe à généraliser la reconnaissance faciale

C’est une nouvelle qui est passée relativement inaperçue mais qui, pourtant, est d’une importance majeure. Nous l’apprenions il y a quelques jours sur Bloomberg : la France va devenir le premier pays d’Europe à généraliser la reconnaissance faciale. Une initiative gouvernementale qui pose déjà de gros problèmes.

Il y a quelques mois, le ministère de l’Intérieur a commandé le développement d’une application smartphone portant le doux nom (c’est toujours plus pratique) d’Alicem. Un logiciel de reconnaissance faciale, donc, qui a pour vocation d’être appliqué aux services publics – nous, citoyens français, aurons donc à l’utiliser pour nous connecter en ligne aux impôts ou à la Caf, par exemple. Alicem devait initialement être mise en place à Noël, mais après six tout petits mois de test, elle sera disponible dès novembre. Le dispositif a été savamment étudié et éduqué à comparer notre photo de passeport biométrique avec une vidéo que nous aurons à faire de notre visage, sous différents angles et différentes expressions faciales.

Pour justifier ce nouveau procédé, l’État français prétend « assurer sa mission régalienne de certification de l’identité dans un monde digital complémentaire du monde physique », invoque des raisons de cyber-sécurité (pour rappel, en avril dernier la messagerie interne du gouvernement a été hackée en une heure), annonce une démarche en ligne simplifiée et décrit Alicem comme la « préfiguration d’un service plus large d’identité numérique en cours de conception ». Si ces quelques lignes vous rappellent déjà votre dystopie préférée [insérez ici une référence à Black Mirror ou à 1984], c’est normal. Vous n’êtes pas les seuls à trouver ça douteux.

E171 pouvant générer des effets toxiques, interdit par principe de précaution

Le dioxyde de titane, un additif controversé, sera finalement bien "interdit dans les denrées alimentaires à partir du 1er janvier 2020", ont annoncé le 17 avril 2019 les ministères de la Transition écologique et de l'Economie

La mise sur le marché des aliments contenant le E171 sera suspendue: on le retrouve dans les plats préparés, les bonbons, le chocolat, les chewing-gums et les sauces toutes prêtes.

Le ministère s'engage à publier un arrêté dans les meilleurs délais.

Cigarettes électroniques : des métaux toxiques trouvés dans les vapeurs

Décidément, les temps sont durs pour l'industrie de la cigarette électronique. On la pensait moins nocive que la cigarette classique, mais des études de plus en plus nombreuses semblent la mettre en cause dans un certain nombre de maladies. La dernière en date révèle des concentrations de métaux toxiques dans les vapeurs produites par certains modèles.

Dans un récent rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les cigarettes électroniques sont considérées comme « incontestablement nocives ». Aux États-Unis, une étrange maladie semble frapper, depuis quelques mois, les adeptes du vapotage. Résultat : un peu partout dans le monde, les réglementations se durcissent.

C'est dans ce contexte déjà tendu que des chercheurs de l'université de Californie à Riverside (États-Unis) viennent d'annoncer avoir découvert des métaux toxiques dans les vapeurs émises par certains modèles d'e-cigarettes. Ceux qui présentent un réservoir de type tank, mis sur le marché en 2013. Des cigarettes électroniques dont les batteries et les atomiseurs sont plus puissants et les réservoirs de plus grande capacité.

Les nids d’oiseaux morts contiennent 36 pesticides différents, y compris du DDT

À Bruxelles et à Florence, les gens ont commencé à exprimer leur inquiétude face à la découverte croissante d’oiseaux nouveau-nés morts (nichons).

Lorsque ces personnes concernées ont informé l’association de conservation des oiseaux Vogelbescherming Vlaanderen et l’association de jardinage écologique Velt, elles ont entamé une enquête financée par la masse. Plus de 1000 personnes ont envoyé des nids et des nids morts, qui ont été analysés et un rapport a été publié avec des résultats choquants.

Lorsque 1101 nids ont été analysés, la plupart contenaient du DDT.

« Nous avons trouvé un total de 36 pesticides différents dans 95 nids », a déclaré Geert Gommers, expert en pesticides, dans un communiqué.

Les nids des oiseaux ont révélé des traces de 36 fongicides, herbicides, insecticides et biocides différents. L’alarme s’est déclenchée lorsqu’ils ont découvert des traces de DDT, un insecticide interdit depuis 1974, dans 89 des 95 nids examinés.

«Ce DDT est toujours présent dans notre environnement après tout ce temps inquiétant», lit-on dans la déclaration.

«Les mésanges avaient au plus deux semaines et n’avaient jamais quitté leur nid… Ces résultats ne nous rendent pas heureux, d’autant plus que presque tous les nids contiennent un ou plusieurs pesticides», a écrit Gommers.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir un lien entre une mortalité accrue de la mésange et des pesticides. Il est à noter que certains des pesticides trouvés dans les nids présentaient un indice de risque «élevé» pour les oiseaux.

Vaccin défectueux: des cas de coqueluche chez des enfants vaccinés en Loire-Atlantique

Plusieurs écoles du département ont signalé des cas.

Élément troublant : les enfants l’ayant attrapé avaient été vaccinés. Le vaccin de rappel est mis en cause.

Ces derniers mois, plusieurs cas de coqueluche ont fait leur apparition dans les cabinets médicaux du Pays de Retz. Des enfants originaires de Saint-Mars-de-Coutais, Port-Saint-Père ou Villeneuve-en-Retz. « Soyez vigilants aux symptômes suivants : quinte de toux et fièvre », ont mis en garde les écoles concernées.

Selon nos informations, au moins une douzaine d’enfants auraient ainsi contracté cette maladie. Des petits âgés pour l’essentiel de 4 ou 5 ans et pour lesquels le test réalisé en laboratoire est revenu positif à la coqueluche.

Deux mois et demi de souffrance
La fille d’Émilie, une habitante de Port-Saint-Père, a été contaminée en fin d’année dernière. « Elle a 4 ans et demi et souffre d’asthme , confie la mère de famille. Mais là, je trouvais que la toux était différente à d’habitude. J’ai consulté notre médecin généraliste. Nous avons eu le résultat du test quatre jours plus tard. Il y avait bien une coqueluche. Apparemment, deux autres enfants de la commune l’ont contracté au même moment. »

La situation que décrit Émilie est atroce. Des quintes de toux à ne plus pouvoir respirer. Des lèvres violettes, des vomissements. Et même des apnées du sommeil. « J’ai dû arrêter de travailler pendant un mois et demi. Elle était incapable d’aller à l’école dans cet état. Deux mois après, elle ne peut toujours pas courir ! » Après que sa fille a été prise de convulsions, ces parents ont même amené leur fille au CHU de Nantes, totalement désemparés devant son état.

Une situation très inhabituelle
« C’est une situation très inhabituelle, confie ce médecin généraliste du Pays de Retz. Il nous arrive d’avoir des cas isolés. Mais regroupés comme cela et touchant des enfants de cette classe d’âge, nous en avons rarement vu. » En effet, si la coqueluche n’a pas disparu, c’est surtout chez des adultes, dont l’immunité vaccinale est trop ancienne qu’elle est constatée.

Ce qui est d’autant plus troublant dans ce cas présent, c’est que la quasi-totalité des enfants diagnostiqués étaient vaccinés. Le point commun serait même d’avoir eu leur rappel de vaccin (à 18 mois) en 2015.

Vaccin défectueuxLIRE LA SUITE

Comment Lactalis déverse ses eaux usées dans l'Isère depuis des années

nstallée sur la petite commune de Saint-Just-de-Claix, Lactalis deverse depuis des années ses eaux usées dans l'Isère qui se trouve en contrebas du site. Le groupe fromager souhaite construire sa propre station d'épuration, tandis que la mairie l'enjoint de se raccorder au réseau public.

Sur la petite commune de Saint-Just-de-Claix, trois entreprises sont implantées depuis de nombreuses années sur les rives de l'Isère.
A l’origine en 1940, il s'agissait d'une seule industrie "l’Etoile du Vercors". Elle a été divisée et revendue à trois groupes : Saint-Jean, Rians et enfin Lactalis (qui a gardé le nom du site).

Un réseau d’assainissement construit en 2014
En 2000, L’Etoile du Vercors demande un raccordement à un réseau d’assainissement. Entre temps, en 2011, Lactalis reprend la fromagerie.
Trois ans plus tard, en 2014, le réseau d'assainissement aux portes du site est terminé. Il a coûté 22 millions à l'intercommunalité.
En 2015, la PME Saint Jean investit près de 5 millions d’euros et se raccorde au réseau public d’assainissement. Elle est ensuite certifiée ISO 14 000 (performance environnementale). Pour son directeur, Guillaume Blanloeil, "Il n’y a aucune raison que dans un pays comme la France, de rejeter ses eaux usées dans le milieu naturel (…) C’est important d’être une entreprise responsable".
Lactalis veut construire sa propre station d'épuration
De son côté, la multinationale Lactalis dépose des demandes de permis de construire auprès du maire de Saint-Just-de-Claix pour construire une station d’épuration autonome.
Permis successivement refusé par le maire qui souhaite préserver la zone agricole autour de l’usine ainsi que les riverains. D’autant que le réseau public est techniquement apte à traiter les eaux usées de l’Etoile du Vercors.
Suite à cette pollution, en septembre 2016, l’Etat met en demeure l'Etoile du Vercors de mettre fin à cette pollution et a lance une procédure de consignation à son encontre de plus de deux millions d’euros. Mais la préfecture ne peut contraindre Lactalis à se raccorder au réseau d’assainissement public.
Lactalis n’a pas répondu à nos sollicitations et n'explique pas pourquoi l’entreprise déverse depuis des années l’équivalent d’une ville de 10 000 habitants en eaux usée dans l’Isère qui se trouve en contrebas de l’usine.

Mini-blinis vendus par Auchan, Leclerc et Système U contaminés par la listeria

Les distributeurs Auchan, Leclerc et Système U ont retiré des rayons des mini-blinis commercialisés sous leurs marques à cause d’un risque de contamination à la listeria.

D’après Le Parisien, les produits concernés font également l’objet d’un rappel. Les personnes qui les ont achetés sont invitées à les détruire ou à les rapporter au point de vente. Ils recevront alors un remboursement.

Les produits impliqués sont :

Auchan : les mini-blinis x16 – 135 g de marque Auchan (EAN 3 596 710 466 948), dont les dates limites sont les 21/11/2019, 28/11/2019 et 10/12/2019, sont retirés de la consommation. C’est également le cas de mini-blinis x16 – 135 g de marque Auchan BIO (EAN 3 596 710 338 535), dont les DLC sont les 24/11/2019 et 29/11/2019.

Leclerc : il s’agit de mini-blinis x16 -135 g de marque Repère « Ronde des Mers » (EAN 3 564 700 025 635-05), dont le lot est 101414 et la DLC est le 18/11/2019.

Système U : ne pas consommer de mini-blinis Apéro de marque U (EAN 3 256 224 193 029), dont le lot est 102424 et la DLC, le 23/11/2019.

Vigilance aux symptômes

Les magasins U déclarent « une contamination microbiologique » tandis que Leclerc et Auchan parlent de la « présence de listeria monocytogènes ». Les acheteurs ayant consommé les blinis doivent être attentifs à l’éventuelle apparition de symptômes de la « listériose, maladie qui peut être grave et dont le délai d’incubation peut aller jusqu’à huit semaines ».

En cas de fièvre, isolée ou accompagnée de maux de tête, il est recommandé de consulter un médecin en mentionnant la consommation des produits. Les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées doivent se montrer particulièrement vigilantes.

Alaska, les glaciers fondent 100 fois plus vite que prévu

Une nouvelle méthode de mesure de la fonte des glaciers sous le niveau de la mer a permis d'aboutir à une découverte surprenante : certains glaciers fondent cent fois plus vite que ne l'avaient prévu les scientifiques.

Dans une nouvelle étude parue hier dans la revue Science, une équipe d'océanographes et de glaciologues élargit notre compréhension des glaciers de marée, ces glaciers soumis au mouvement des marées qui se jettent dans l'océan, et de leur dynamique.

« Ils ont découvert qu'en réalité, la fonte de ces glaciers était radicalement différente des théories que nous avions établies, » explique Twila Moon, glaciologue au National Snow and Ice Data Center de l'université du Colorado à Boulder, non impliquée dans l'étude.

Le vêlage et la fonte glaciaire qui s'y déroulent s'inscrivent en partie dans un processus normal suivi par les glaciers lors des transitions saisonnières de l'hiver à l'été et parfois même pendant l'été. Cependant, le réchauffement climatique accélère le recul des glaciers à travers leur fonte en surface mais également à travers leur fonte sous-marine.

Les glaciers peuvent descendre à plusieurs centaines de mètres sous le niveau de la mer, précise Ellyn Enderlin, glaciologue à l'université d'État de Boise, également non impliquée dans l'étude. Ce rythme de fonte des glaces sous-marines supérieur aux prévisions nous indique que les « glaciers sont bien plus sensibles aux changements océaniques que nous ne l'avions imaginé. » Comprendre les processus de fonte et calculer le volume de glace fondue est crucial pour anticiper la hausse du niveau des océans.

« Nous sommes juste surexcités d'avoir réussi à le faire, » jubile l'auteur principal de l'étude David Sutherland, océanographe à l'université d'État de l'Oregon. « Nous n'étions pas sûrs à 100 % que ça allait marcher. »

La surveillance au long terme de certains glaciers peut donner aux chercheurs, et aux étudiants, une idée de la fonte induite par le changement climatique. Les étudiants de la Petersburg High School non loin LeConte Bay en Alaska ont commencé à recueillir des données sur la position du front de vêlage du glacier LeConte en 1983. Il y a quelques années, leur signalement du recul de ce glacier avait alerté les scientifiques de l'université de l'Alaska du Sud-Est et les avait incités à s'intéresser plus en profondeur à son processus de fonte.

À quelle vitesse les planètes tournent-elles sur elles-mêmes ?

Des animations comparent la vitesse à laquelle les différentes planètes du système solaire tournent sur elles-mêmes. Sur une sphère ou sur une surface plane, le résultat aide à s'imaginer leur rotation dans l'espace.




La Terre tourne sur elle-même en un peu moins de 24 heures. Qu’en est-il des autres planètes ? Deux animations permettent de comparer la vitesse à laquelle tournent les différentes planètes du système solaire. Les animations ont été publiées sur Twitter le 3 et le 8 décembre 2019, par le planétologue James O’Donoghue, de l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA).

L’animation la plus évocatrice représente une sphère, dont la surface est divisée en larges bandes : il y en a une pour chaque planète –Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune. On peut ainsi voir tourner chaque planète à sa propre vitesse, tout en la comparant à celle des autres.

À quoi servira le « soleil artificiel » que prépare la Chine pour 2020 ?

e nouveau réacteur à fusion nucléaire envisagé par la Chine vise à résoudre les obstacles de cette technologie, tout en enregistrant de nouveaux records de température.

Alors que des scientifiques américains essayent de reproduire l’équivalent d’un trou de ver, en Chine, un « soleil artificiel » est plutôt à l’ordre du jour. L’expression n’est pas entre guillemets pour rien : comme pour le trou de ver, il ne s’agit pas vraiment de reconstituer un véritable soleil, mais plutôt de générer sur Terre une réaction physique similaire. Pas de scénario hollywoodien à l’horizon, donc. En tout cas, l’annonce a été faite lors de la China Fusion Energy Conference en cette fin d’année 2019 : le projet nommé HL-2M Tokamak est officiellement prévu pour 2020, et il aura une vraie portée scientifique.

Tout n’est pas nouveau dans cette idée d’un « soleil artificiel ». En fait, il en existe même déjà un en Chine, depuis 2006 : le réacteur Experimental Advanced Superconducting Tokamak. Son rôle est de reproduire la même fusion nucléaire que celle qui opère au sein du Soleil, afin d’en exploiter l’énergie. En novembre 2018, les scientifiques chinois ont annoncé que le plasma de ce réacteur avait dépassé les 100 millions de degrés Celsius concernant la température des électrons. Le nouveau projet, HL-2M, est bien plus ambitieux.

Le réacteur à fusion nucléaire, ou « soleil artificiel », créé par la Chine a déjà atteint 100 millions de degrés au niveau des électrons. La nouvelle version pourrait atteindre le même stade, mais pour les ions. // Source : یاسمین سکندر
185 MILLIONS DE DEGRÉS DE PLUS QUE LE SOLEIL
Il faut distinguer la température des électrons et la température des ions. Le « soleil artificiel » qui existe déjà depuis 2006 en Chine a atteint 100 millions de degrés au niveau des électrons, avec une température de 50 millions de degrés pour les ions. Le HL-2M devrait quant à lui atteindre les 100 millions de degrés ioniques. Or, comme le précisent les scientifiques, ce sont bien les ions qui sont la source d’énergie ; ce nouveau record sera plus fondamental encore. Au total, ce nouveau « soleil artificiel » pourrait donc porter sa température globale à 200 millions de degrés. Ces chiffres sont d’autant plus énormes que, au cœur de notre véritable Soleil, la température est de 15 millions de degrés.

Le processus de fusion a lieu dans une chambre à vide en forme de donut. Du deutérium gazeux y est injecté. Le deutérium est un isotope naturel de l’hydrogène, et ce détail est important, car tout l’enjeu est de transformer l’hydrogène en hélium. Un courant électrique passe dans la chambre, ce qui dépouille le gaz de ses électrons. C’est ainsi que l’on obtient du plasma. Dans ce champ magnétique très puissant, le plasma est chauffé à des températures si élevées que les noyaux d’hydrogène fusionnent entre eux, ce qui débouche sur de l’hélium.

D’UN COURANT ÉLECTRIQUE DE 1 000 MILLIARDS D’AMPÈRES À 3 000 MILLIARDS

Ces réactions physiques sont similaires à celle du Soleil. Cela libère d’énormes quantités d’énergie. Mais dans le cas d’un « soleil artificiel », cette énergie peut être récupérée. En stabilisant le plasma dans le champ magnétique, on peut transférer l’énergie vers les parois de la chambre à vide, d’où l’on peut capter cette énergie et en faire de l’électricité. Augmenter la chaleur ionique, avec le nouveau « soleil artificiel », revient donc à augmenter l’énergie émise : le courant électrique passerait de 1 000 milliards d’ampères à 3 000 milliards, si l’on en croit les scientifiques travaillant sur le nouveau projet.

À lire : Ces panneaux solaires atteignent une chaleur record : un bond dans le futur pour l’industrie ?
LA FUSION NUCLÉAIRE, PLUS PROPRE QUE LA FISSION NUCLÉAIRE
Saint Graal du futur énergétique, ce type de réacteurs a tout le potentiel pour fournir une immense ressource continue d’énergie propre. « Propre », car, en plus d’être une source naturelle inépuisable, peu risquée et peu couteuse, la fusion nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre ni de déchets toxiques… contrairement à la fission nucléaire qui est actuellement utilisée dans les centrales. Mais les difficultés sont nombreuses avant d’aboutir à un futur rempli de centrales basées sur la fusion nucléaire.

Le plus grand obstacle : stabiliser le plasma pour que la ressource fonctionne bel et bien en continu. Le projet chinois est l’un des plus prometteurs en la matière. En 2017, le « soleil artificiel » actuellement en fonctionnement avait battu un record en maintenant le plasma dans les bonnes conditions pendant plus de 100 secondes.

LE DÉFI EST QUE LA CHALEUR N’ENDOMMAGE PAS LE DISPOSITIF

Un autre problème réside dans le dispositif lui-même. En suspendant la fusion dans un champ magnétique, la chaleur et les particules expulsées du cœur de la chambre se condensent une fine couche sur la paroi de l’appareil. Cette couche concentre une énorme dose de chaleur qui endommage le dispositif. C’est aussi pour cette raison que son fonctionnement ne peut être bien long. Le nouveau réacteur HL-2M Tokamak expérimentera des solutions améliorant la flexibilité du champ magnétique et optimisant la décomposition du plasma. Pour ce faire, les scientifiques feront des tests sur de basses performances, puis les augmenteront en résolvant les problèmes à chaque niveau franchi.

Ce projet appartient au programme International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER), basé en France, qui implique des dizaines de pays et dont le coût est estimé à environ 20 milliards d’euros. L’aboutissement d’ITER est prévu pour 2025 — mais ce n’est pas pour autant qu’il faut s’attendre à la démocratisation des réacteurs de fusion nucléaire réellement dès cette date. Le programme DEMO remplacera alors ITER, avec pour objectif d’aboutir alors, vers 2040, un réacteur à fusion nucléaire pleinement utilisable et susceptible d’intéresser l’industrie.

Réchauffement climatique : plaidoyer pour la mise en place d’une restriction des natalités mondiales

Force est de constater que la planète se réchauffe par l’activité humaine, accélérant de ce fait la sixième extinction de masse sur la planète. Il faudra bien agir quelque part, ou voir l’humanité s’éteindre d’elle-même assez rapidement par la force des changements engendrés (toute espèce est vouée à s’éteindre sur l’énorme échelle spatiotemporelle). Les bouleversements de ce siècle seront sans commune mesure, les dirigeants du monde préférant faire des conférences stériles pour faire tourner le cirque, où ignorer, voire nier le problème (et bien sûr, se déplacer tout le temps par des moyens de transports disproportionnés au coût carbone prohibitif à l’heure de la visioconférence, probablement à titre d’exemple…).

L’homme est malheureusement le catalyseur de ce réchauffement et pourrait en être la clef si une conscience collective arrivait, par miracle, à se développer.

Si nous n’étions pas liés par la sempiternelle croissance donnant lieu à une surconsommation, à une obsolescence programmée pillant les ressources où encore à une mentalité individualiste ayant oublié l’intérêt commun, il serait bien plus facile de changer nos habitudes et donc de pérenniser la survie de notre espèce.

Mais pour combien d’entre nous est-il encore important d’acheter le dernier mobile sorti ? Si ce n’est beaucoup trop.

Pour combien d’entreprises, basées sur la rentabilité, est-il intéressant de baisser le taux de remplacement des machines qu’elles produisent ?

Le problème n’étant pas possible à résoudre dans le mode de consommation (il ne faut pas surestimer nos capacités tout de même...), il faudra attaquer le problème par la base. Au début de la première révolution industrielle (1750-1800), nous étions moins d’un milliard sur la planète, nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards avec les conséquences que nous connaissons : épuisement des ressources, guerre de l’eau, diminution de la biodiversité (à une vitesse jamais égalée sans événement cataclysmique : le taux d'extinction actuel pourrait être de 100 à 1000 fois supérieur au taux moyen naturel constaté dans l'évolution récente de la biodiversité (Avant que nature meure de Jean Dorst, 1965)). Le problème est donc urgent, colossal et malheureusement, sur un certain terme, vital.

Seule une régulation des émetteurs de facteur de changement climatique pourra sauver notre espèce. En d’autres termes, ce n’est qu’en réduisant la population mondiale que nous réduirons nos émissions de gaz à effet de serre.

Les hommes ne sont pas capables de réguler entièrement leur consommation, alors il faudra réguler les hommes.

J’ai bien conscience que ces propos ne sont pas plaisants, que le fait d’imposer un taux de natalité d’un enfant par couple, ou deux au maximum, semble ignoble quand on met dans la balance la liberté de procréer et donc d’avoir des enfants.

Mais pourquoi faire des enfants s’il n’y a qu’un avenir sombre à leur offrir ?

Pourquoi croire que l’on peut se démultiplier à l’infini sur une planète qui par définition est un espace limité et fini ? (au passage, quel est l’intérêt d’essayer d’aller coloniser une planète quand on n’est pas foutu de préserver celle sur laquelle on vit ?)

N’est-il pas plus judicieux d’imposer aux individus une limitation de reproduction afin d’offrir un avenir moins sombre à nos enfants ?

C’est une question à laquelle il va être impératif de répondre. Surtout si l’on ne veut pas que l’effondrement systémique de la biodiversité s’accélère, encore plus, de manière prématurée par les actions d’une espèce qui semble avoir du mal à prendre conscience de son impact environnemental désastreux.

Pourtant une espèce, soi-disant dotée d’intelligence…

Le vrai crime contre l'humanité tout entière se déroule chaque jour, un peu plus, sous nos yeux. Et devant l'immensité de la tâche, l'impuissance semble gagner.

Si aucun changement drastique n'est mis en place d'ici la fin du siècle, vous pouvez considérer que notre espèce sera éteinte bien plus rapidement que l'on aurait jamais pu l'imaginer.

Réchauffement climatique : entre la Zambie et le Zimbabwe, les chutes Victoria s'assèchent

À la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, les chutes Victoria, d'ordinaire tumultueuses, sont presque à sec. Le débit d'eau est descendu à son plus bas niveau depuis 1995. En cause : la pire sécheresse dans la région depuis près d'un siècle. Principale attraction de la région, l'état actuel des chutes Victoria, aujourd'hui asséchées, inquiète dans le secteur du tourisme.

De plus, le débit du fleuve Zambèze, est trois fois plus faible qu'en 2018, ce qui a pour conséquences de déstabiliser les écosystèmes, d'entraîner des pénuries d'eau chez les populations locales et des coupures de courant dans cette zone où l'énergie hydraulique est très développée. Cette sécheresse ne peut pas être directement reliée aux changements climatiques mais selon les experts du GIEC, ces phénomènes sont voués à être plus fréquents et plus intenses dans certaines régions si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre



Ouragans destructeurs, typhons, canicules… quels pays sont les plus durement touchés ?

Ces phénomènes extrêmes ont tué plus de 500 000 personnes dans le monde ces 20 dernières années.

Au cours des 20 dernières années, voici les trois territoires les plus durement touchés par des phénomènes extrêmes.

À Haïti, chaque année en moyenne, les catastrophes naturelles ont tué 274 personnes et entraîné 350 millions d'euros de dommages. Au total, 78 événements météorologiques extrêmes ont frappé le pays entre 1999 et 2018. Parmi les plus destructeurs : l'ouragan Jeanne en 2004 et l'ouragan Sandy en 2012. Le Myanmar compte 7052 morts par an en moyenne : c'est ce que causent les catastrophes météorologiques dans ce pays d'Asie du Sud-Est. En 2008, le cyclone Nargis a causé à lui seul la mort d'environ 140 000 personnes. Dommages économiques annuels : 1807 millions d'euros. Enfin, Porto Rico compte 25 événements météorologiques extrêmes qui ont été recensés entre 1999 et 2018.

Ce classement est celui de l'Indice mondial des risques climatiques publié par l'ONG Germanwatch. À cause du changement climatique, plusieurs de ces phénomènes extrêmes sont plus fréquents et plus intenses. Par exemple, la probabilité de canicule en Europe est 10 à 100 fois plus forte aujourd'hui qu'il y a un siècle. Pour l'année 2018, les pays les plus touchés ont été l'Allemagne qui a subi une forte canicule avec l'année la plus chaude jamais mesurée. Puis, il y a les Philippines : l'archipel a été frappé en septembre par le typhon de catégorie 5, Mangkhut.

En première position arrive le Japon : trois événements exceptionnellement forts ont frappé le pays cette année-là. De fortes pluies ont provoqué des coulées de boue et des crues impressionnantes. Puis, durant l'été une vague de chaleur a également causé la mort de 138 personnes et l'hospitalisation de 70 000 autres. Deux mois plus tard, le pays est ensuite frappé par le typhon Jebi, le plus puissant mesuré au Japon depuis 25 ans.




Pic de pollution : Lyon en vigilance rouge

Le pic de pollution aux particules fines se poursuit à Lyon. La vigilance rouge est activée.
La concentration de particules fines se fait plus forte sur la métropole de Lyon. Selon Atmo-Auvergne-Rhône-Alpes, "Des inversions de température très marquées et l'absence de vent favorisent en effet le maintien des polluants près du sol". Dans ce contexte la vigilance rouge est activée.

Les vitesses restent abaissées à 20 km/h sur tous les axes routiers du département où la vitesse limite autorisée est normalement supérieure ou égale à 90 km/h, pour tous véhicules à moteur. Pour les axes sur lesquels la vitesse est limitée à 80 km/h, l’abaissement est porté à 70 km/h. Par ailleurs une liste de mesures a été prise, notamment relatives au secteur agricole, industriel, du BTP et résidentiel.

En raison du contexte marqué par la Fête des Lumières et les grèves dans les transports qui réduisent le champ des alternatives à la voiture, le préfet a décidé de ne pas mettre en place la circulation différenciée.

Pollution de l'air : ces villes qui aident les habitants à mieux respirer

Chaque année, 67 000 décès sont attribués à la pollution atmosphérique comme le révélait une étude parue dans la revue European Heart Journal en mars 2019. Ce mercredi 11 décembre, l'association Greenpeace, l'Unicef et le Réseau action climat dressent le constat des actions menées localement pour garantir un air respirable aux Français comme le rapporte Le Parisien. Au total, l'ONG a passé au crible les initiatives de douze grandes villes. Elle distribue bons points et bonnets d'âne.

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En haut du podium, trois villes décrochent la mention « en bonne voie » : Paris, Grenoble et Strasbourg. La capitale se place sur la première marche du classement en raison notamment de « sa zone à faibles émissions, déjà opérationnelle sur une partie du territoire métropolitain ». Comme le rapporte le quotidien, l'ONG salue également l'extension des zones piétonnes et la « fermeture des voies sur berge sur la rive droite ». La ville de Grenoble est félicitée pour la réduction de la place de la voiture et les aides financières à la transition. En troisième position, Strasbourg se distingue avec son premier réseau cyclable de France. « La politique d'amélioration de la qualité de l'air de Strasbourg a permis entre 2009 et 2015 de réduire le nombre d'habitants exposés à des dépassements de valeurs limites de particules fines (de 17 920 à 960 personnes) et de dioxyde d'azote (de 14 830 à 11 000) », estime l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) citée par Le Parisien.

« L'offre de stationnements est limitée »
Greenpeace place les villes de Lyon, Nantes, Bordeaux, Lille, Rennes et Toulouse dans la catégorie « encore timide ». Concernant la place du vélo, Lille pointe à la sixième place. « Le projet de réseau express vélo reste à concrétiser et l'offre de stationnements est limitée », rapporte Le Parisien. « Lyon, Lille, Bordeaux, Nantes ou Toulouse, elles ont toutes plus ou moins avancé sur certains aspects, mais restent dans le ventre mou de ce classement, car leur politique de lutte contre la pollution de l'air est trop timide en matière de transports », argumente Sarah Fayolle, chargée de campagnes transports à Greenpeace citée par Le Parisien.

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Montpellier, Nice et Marseille ferment le classement. Greenpeace charge Montpellier, estimant que la ville a « pris du retard sur la réduction de la place de la voiture » et qu'il n'y a eu « aucune évolution notable vers les 30 km/h ». Nice et Marseille parviennent toutefois à décrocher un bon point concernant les aides financières à la transition. La cité phocéenne occupe la 12e place de classement

L’utilisation massive de gaz lacrymogènes inquiète les scientifiques du monde entier

Enquête 2/3 — L’utilisation massive des gaz lacrymogènes pour réprimer les foules est alarmante : aspergés en grande quantité, de manière répétée, ou dans des milieux confinés, ils se révèlent dangereux comme le montrent plusieurs études scientifiques.

Cet article est le deuxième d’une enquête en trois volets sur l’impact des gaz lacrymogènes sur la santé. Pour lire le premier, c’est ici.
Venue à Paris pour le premier anniversaire des Gilets jaunes, Nelly a connu un lendemain de fête douloureux. Diarrhées, nausées, vomissements, grosse fatigue, perte d’appétit, mal de tête… « J’ai perdu trois kilos », a-t-elle expliqué à Reporterre quelques jours après la manifestation du 16 novembre dernier. Nelly s’est retrouvée malgré elle nassée place d’Italie. « On a essuyé 2 h 30 de tirs nourris de lacrymos, Flash-Ball, grenades explosives… Tout le monde crachait, pleurait, raconte la jeune retraitée. C’est la première fois que j’étais exposée à autant de gaz, aussi concentrés, car il n’y avait pas de vent et les fumées sont restées stationnaires », poursuit-elle. Le résultat, son médecin l’a constaté à son retour chez elle, près d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Il lui a fourni un certificat médical et prescrit une batterie d’analyses pour vérifier son état de santé général. Dix jours plus tard, elle était toujours affaiblie et les maux de ventre persistaient.

Comme Reporterre l’a constaté au travers de multiples témoignages — auxquels nous avons consacré le premier volet de notre enquête — les gaz lacrymogènes ne provoquent pas que des pleurs et une irritation passagère. Les symptômes constatés chez les Gilets jaunes interrogés sont très divers : allergies, maladies des bronches et des poumons, fatigue extrême, troubles digestifs voire perturbation du cycle menstruel. Pour certains, les effets d’une exposition aux gaz lacrymogènes durent plus d’un mois. Une manifestante a même été hospitalisée.

Les gaz lacrymogènes ont été adoptés pour contrôler les foules, notamment dans les empires coloniaux
Le gaz lacrymogène a été utilisé pour la première fois pendant la Première Guerre mondiale. L’historienne Anna Feigenbaum démontre, dans sa Petite histoire du gaz lacrymogène (éd. Libertalia, 2019) [1] que ce dernier a été promu auprès des gouvernements dès les années 1920 et qu’il a été « assimilé non plus à une arme toxique, mais à un moyen inoffensif de préserver l’ordre public ». Il a peu a peu été adopté pour contrôler les foules, en particulier dans les empires coloniaux, ou ensuite pendant la guerre du Vietnam par les États-Unis pour déloger les Viêt-congs des tunnels.

Il est classé parmi les armes chimiques dites « non létales » et désormais interdit dans un cadre militaire par la Convention de Genève de 1993, mais on peut cependant continuer de l’utiliser dans un cadre civil. La substance active choisie par la France est la molécule CS (2-chlorobenzylidène malonitrile). Celle-ci a été découverte en 1928 par deux chimistes britanniques. La très grande marge entre la dose à partir de laquelle elle est irritante et celle à laquelle elle s’avère létale pourrait la faire passer pour inoffensive. Pourtant, son utilisation massive afin de réprimer les foules pose question. Utilisés en grande quantité, de manière répétée, ou dans des milieux confinés, les gaz lacrymogènes peuvent se révéler dangereux et parfois mortels.

L’ONG étasunienne Physicians for Human Rights (Médecins pour les droits humains) avait recensé, en mars 2012, 34 morts en lien avec l’usage des gaz lacrymogènes, depuis le début du soulèvement populaire survenu un an plus tôt au Bahrein. Beaucoup étaient dus à la pénétration des gaz dans les habitations des quartiers abondamment arrosés. Parmi les grenades utilisées, certaines étaient probablement exportées par la France, avec autorisation du gouvernement. À la même période, un documentaire étasunien dénonçait les exportations de grenades au gaz CS vers l’Égypte, déversées chaque jour sur les manifestants lors de la révolution de 2011. Des médecins y rapportaient plusieurs cas de décès attribués aux gaz lacrymogènes.

En 2017, une étude de l’université de Berkeley s’intéressait à leur usage, jusqu’à plusieurs fois par semaine, dans les camps de réfugiés palestiniens. Parmi les conséquences rapportées : crises d’épilepsie, avortements spontanés, fausses couches, problèmes de sommeil, stress aigu et syndromes de stress post-traumatique.

En octobre dernier, des scientifiques de Hong-Kong s’inquiétaient de l’emploi de « plus de 3.000 cartouches » de gaz lacrymogène CS contre les manifestants pro-démocratie, dans un court article publié dans The Lancet. « Dans l’environnement humide subtropical de Hong-Kong, le déploiement de gaz lacrymogènes dans des espaces clos et des stations de métro très fréquentées, à proximité de centres commerciaux, peut exposer les gens à de très fortes concentrations de gaz lacrymogènes pendant un temps prolongé », écrivaient-ils.

« De nombreux rapports indiquent que l’utilisation et le mauvais usage de ces produits chimiques peuvent causer des blessures graves »
Toute une littérature scientifique vient ainsi documenter des cas de patients malades des gaz lacrymogènes, parfois même des décès. Un article de 2017, paru dans la revue BMC Public Health, compile 31 études de 11 pays documentant des dommages causés par des gaz lacrymogènes sur des manifestants. « De nombreux rapports indiquent que l’utilisation et le mauvais usage de ces produits chimiques peuvent causer des blessures graves », indiquent les auteurs. Sur plus de 5.000 cas, ils relèvent notamment deux morts (un pour des problèmes pulmonaires et un dû à l’impact de la grenade). 58 cas « d’incapacité permanente » sont aussi signalés, dont 14 personnes avec des symptômes psychiatriques persistants, et 23 avec des problèmes respiratoires chroniques. 8 % des problèmes de santé documentés « étaient sévères et ont nécessité une intervention médicale professionnelle », indiquent-ils encore. « Nos recherches démontrent qu’il y a un sévère risque de mauvais usage » des armes chimiques en manifestation, concluent-ils. « Elles peuvent potentiellement porter atteinte aux libertés en causant des blessures, en intimidant les communautés et en menant à une escalade de la violence. »
Une équipe proche des Gilets jaunes, rassemblant médecins, infirmières et Alexander Samuel, un docteur en biologie, a collectionné les articles scientifiques rapportant les effets du CS. Une bibliographie que Reporterre a pu éplucher. Des décès sont signalés, en particulier dans des cas où les personnes étaient dans des lieux clos, comme les prisons.

La peau, les yeux et les poumons sont particulièrement touchés. Ainsi, pour la peau, les réactions recensées vont de la rougeur à la brûlure, en passant par l’eczéma, l’apparition de croûtes et des réactions allergiques. Autre cible privilégiée, les yeux. « Chez des personnes exposées, j’ai soigné des conjonctivites ou des œdèmes de cornée [la cornée enfle, on voit trouble]. En général, au bout de dix jours, les symptômes passent », explique Christiane Blondin, ophtalmologue membre de l’équipe qui a travaillé sur les effets pour les yeux. « La littérature scientifique rapporte des problèmes durables à la vision, notamment des risques de cataracte. J’ai envoyé ces informations à la Société française d’ophtalmologie, j’attends leur retour. » Pour les poumons, une étude de scientifiques turcs sur les conséquences à long terme chez 93 patients régulièrement exposés aux gaz lacrymogènes lors de manifestations donne une idée du tableau : « débit expiratoire » diminué, bronchites chroniques augmentées, toux et douleurs à la poitrine durant parfois plusieurs semaines. Du côté du système digestif, nausées et vomissements ont également été documentés. Ces symptômes digestifs et respiratoires correspondent à ceux décrits dans les témoignages recueillis par Reporterre.

« Les effets du CS dépendent de la concentration du produit, de la durée d’exposition, du contexte, mais aussi de la personne, notamment si elle a des antécédents respiratoires », résume Jean-Marc Sapori, toxicologue au centre anti-poison de Lyon. L’exposition quasi hebdomadaire des Gilets jaunes lui a apporté quelques patients. « J’en ai envoyé aux urgences pour une ulcération cornéenne » (une blessure sur la cornée de l’œil), indique-t-il. Pour les effets à long terme, il signale avant tout l’effet sur les poumons : « Une exposition répétée, comme celle des Gilets jaunes qui manifestent tous les samedis, va faire que le temps de récupération des bronches et des poumons sera de plus en plus prolongé. Si on s’expose à nouveau alors que l’on n’a pas récupéré de la semaine précédente, on peut à terme développer de l’asthme ou une BPCO [bronchopneumopathie chronique obstructive, maladie chronique inflammatoire des bronches]. En hiver, s’il y a contact avec un virus, cette irritation peut être un terrain favorable pour une infection. »

Une autre utilisation répétée en France, moins médiatisée, est celle faite sur les migrants. En 2018, le Défenseur des droits avait dénoncé « un usage parfois injustifié du gaz lacrymogène ».

Aucun problème de santé selon les forces de l’ordre
Autant de données qui tranchent avec le discours officiel sur le sujet. « Les gaz lacrymogènes, cela fait pleurer, cela fait tousser. Si un risque était avéré, le ministère de la Santé aurait pris des mesures pour interdire ce produit », nous indique le Service d’information et de communication de la police nationale (Sicop). « Par ailleurs, nous n’avons aucune remontée de problèmes de santé liés aux gaz lacrymogènes au sein des forces de l’ordre. » On nous confirme par ailleurs que les grenades lacrymogènes peuvent être utilisées sans restriction de quantité. Le tout est de respecter le « cadre légal ».
Reporterre a tenté de savoir si leur utilisation a augmenté depuis le début du mouvement des Gilets jaunes. « On sait combien de grenades sont utilisées à chaque manifestation, il y a des rapports », nous apprend Jean Cavallero, délégué national des CRS du syndicat Alliance. Mais il faut l’accord de la direction générale pour communiquer. » Contacté, le ministère de l’Intérieur ne nous a pas encore répondu. « L’utilisation a augmenté depuis les Gilets jaunes », indique cependant M. Cavallero, confirmant un constat largement partagé par tous les observateurs des mouvements sociaux. Beaucoup font débuter cette montée en intensité aux manifestations contre la loi Travail, en 2016.

À l’international, « les manifestations qui ont ébranlé le monde ces dernières années ont fait exploser les ventes de gaz lacrymogène », écrivait dans le Monde Diplomatique en mai 2018 l’historienne Anna Feigenbaum. « Quels dommages cause-t-il à ses victimes ? Quels problèmes pose-t-il en matière de santé publique ? Nul ne le sait, car personne ne s’en soucie. Dans aucun pays il n’existe d’obligation légale de recenser le nombre de ses victimes. Aucune obligation non plus de fournir des données sur ses livraisons, ses usages, les profits qu’il génère ou sa toxicité pour l’environnement », poursuivait-elle. Alors qu’il tentait de connaître la formule précise (avec les additifs qui peuvent influencer la puissance du gaz) des grenades lacrymogènes, un journaliste de Reporterre s’était vu opposer un silence assourdissant sur le sujet. Plus récemment, au salon Milipol, les deux principaux fournisseurs de l’État français, Alsetex et Nobel Sport, ont refusé de répondre à Reporterre.

Mais que l’on se rassure, l’État français gère rigoureusement ses stocks. « Parfois ils diminuent, mais on complète toujours assez vite », indique Jean Cavallero, délégué national des CRS du syndicat Alliance.


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Pollution industrielle: trois fois plus de cancers à Fos-sur-Mer

Etude d'imprégnation environnementale des populations de Fos-sur-Mer


Santé / environnement


Les habitants de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône sont particulièrement exposés à la pollution industrielle.
Aux alentours, 17 sites classés Seveso. Les habitants de Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône, deux villes situées au bord d'une zone industrialo-portuaire près de Marseille, souffrent davantage d'asthme, de diabète ou de cancer que la population française en moyenne, révèle une étude. Réalisée par des chercheurs indépendants et financée dans le cadre d'un appel à projets de recherche géré par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), l'enquête a établi ses conclusions à partir de questionnaires auxquels ont répondu 816 personnes de la zone de l'étang de Berre.

Affection respiratoire chez un adulte sur deux
Résultat: les affections respiratoires concernent près d'un adulte sur deux, et un enfant sur quatre dans la zone étudiée. "Les habitants sont préoccupés par la qualité de leur environnement, les sources locales de pollution, et leur lien avec leur santé. Ils font la chronique d'une pollution devenue ordinaire, de débordements industriels qui se cumulent à d'autres formes d'exposition locale à la pollution", rapporte l'étude.

Les résultats montrent notamment une élévation de l'asthme cumulatif chez les adultes (15,8% de prévalence contre 10% en France), débutant le plus souvent à l'âge adulte.

Cancers et diabètes en pagaille
L'élévation des cancers est aussi significative, notamment chez les femmes de Fos et Port-Saint-Louis, qui à 14,5% ont ou ont eu un cancer, contre 5,4% des femmes en France. Les diabètes tous types sont présents chez deux fois plus de personnes (11,6% contre 6% dans le reste de l'Hexagone).

Quelque 63% de la population interrogée rapporte au moins une maladie chronique (asthme, maladie respiratoire autre que l'asthme, allergie respiratoire autre qu'au pollen, affection dermatologique, cancer, maladie auto-immune, maladie endocrinienne et/ou diabète), contre 36.6% en France.

"Les maladies chroniques et symptômes aigus constituent donc une expérience de santé commune et partagée au sein de la population des deux villes, bien que la plupart des répondants jugent leur santé générale comme excellente ou bonne", conclut l'étude.

Le maire demande à l'Etat de réagir
Les pourtours de l'Etang de Berre sont occupés par l'une des plus importantes zones industrielles d'Europe, liée notamment au raffinage du pétrole et à la pétrochimie. Les habitants du Golfe de Fos sont particulièrement exposés à la pollution générée par ces activités, entre la zone industrielle de Fos et celle de Lavera.

"L'intérêt de cette étude est d'être un lanceur d'alerte de plus, comme l'ont été les autres études menées jusqu'à présent", a observé le maire de Fos-sur-Mer, René Raimondi, dans un communiqué, demandant maintenant "aux services de l'Etat de réagir".

"Si aujourd'hui il y a un problème grave qui menace la santé de nos habitants, il faut le dire et il faut le régler", a enjoint le maire PS.

En septembre 2016, un institut scientifique écocitoyen financé par la mairie a lancé une étude des polluants présents dans le sang et les urines des riverains de la zone industrielle de Fos-sur-Mer pour tenter de mesurer l'impact de la pollution industrielle sur les habitants. Dans le passé, des études menées dans la région de l'Etang de Berre ont montré une surmortalité liée aux maladies respiratoires.

Une étude menée entre 2004 et 2007 par l'Institut de Veille sanitaire (InVS) rattaché au ministère de la Santé a notamment révélé que les pathologies cardiovasculaires, les cancers des poumons, de la plèvre, et de la vessie comme les leucémies aiguës sont significativement élevés chez les hommes vivant autour de l'étang de Berre.

En refusant de réglementer la publicité, le gouvernement sacrifie l’écologie

Depuis lundi 9 décembre, l’Assemblée nationale examine le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. Les auteurs de cette tribune déplorent que les principales mesures de réglementation de la publicité en aient été évacuées au prétexte d’attendre un rapport publié… après le vote de la loi.

Résistance à l’agression publicitaire (RAP) est une association qui lutte, depuis plus de 25 ans, contre le système publicitaire et ses effets négatifs, directs et indirects, sur l’environnement et les citoyens. RAP a publié lundi 9 décembre un rapport qui expose les principaux dommages environnementaux de la publicité et formule des préconisations pour les combattre.

C’était officiel depuis 2018 : la « feuille de route » de l’économie circulaire engageait le gouvernement à « renforcer la lutte contre la publicité incitant à la mise au rebut prématurée des produits et au gaspillage des ressources » [1]. En septembre 2019, le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire était voté au Sénat. Prenant acte des promesses de la feuille de route, des député.e.s de la majorité et de l’opposition ont déposé de nombreux amendements visant à interdire la publicité pour des produits climaticides (SUV, fast-food, textile, smartphones…), à réguler légalement et précisément les contenus publicitaires incitant au gaspillage, ou à interdire les supports publicitaires polluants comme les écrans ou les prospectus. Autant de mesures urgentes pour limiter le gaspillage de biens et d’énergie : on sait aujourd’hui que 88 % des Français.e.s changent leur smartphone alors qu’il fonctionne encore [2], que 9 % des produits textiles sont invendus, ou que la mode des SUV est à elle seule responsable du retour à la hausse des émissions carbone [3]. Qui, sinon les agences publicitaires, lancent ces modes et encouragent ce renouvellement inutile de nos biens ? On sait également qu’un écran publicitaire numérique consomme autant d’électricité que trois familles françaises (hors chauffage électrique), et qu’un quart de la production française de papier est consacrée aux prospectus ! Des objets dont, bien souvent, personne ne veut : en plus d’être inutile, cette surconsommation d’énergie et de ressources nous est imposée. Elle est d’autant plus inacceptable que la précarité énergétique touche environ cinq millions de Français.e.s [4].

Hélas, dans le projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire actuellement soumis au vote de l’Assemblée nationale, on ne trouve aucun de ces amendements. Ils ont été balayés en commission du développement durable et de l’aménagement du territoire par la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, ainsi que par la rapporteuse. Celles-ci ont déclaré à maintes reprises vouloir attendre, pour légiférer sur la publicité, la publication d’un rapport commandé par le ministère à des personnalités indépendantes. À tel point que la présidente de la commission leur a réclamé publiquement l’accès à ce rapport. Problème : ce rapport (pour lequel RAP a été auditionnée) doit être rendu… en mars 2020. Soit, après le vote de la loi !

Emmanuel Macron : « Je ne prendrai pas de lois pour interdire les publicités »
La secrétaire d’État et la rapporteuse ont également invoqué, pour éviter de réguler la publicité, la liberté du commerce et de l’industrie, soulignant la valeur constitutionnelle de ce principe. Elles omettent de préciser que l’on peut y déroger, notamment pour des raisons de santé publique — c’est ce qui s’est passé pour la loi Évin, qui interdit la publicité pour le tabac et réglemente la publicité pour l’alcool. Elles négligent aussi le fait que dissuader la consommation de produits nocifs est aujourd’hui un impératif de santé publique. Interdire la publicité pour les trajets aériens intranationaux ou pour les SUV, c’est participer à la réduction de la pollution de l’air, responsable de décès prématurés et de troubles respiratoires. Interdire la publicité pour les fast-foods et les bouteilles en plastique jetables, c’est limiter les déchets et protéger la population des dangers liés à une mauvaise alimentation et aux perturbateurs endocriniens véhiculés par les plastiques [5]. Interdire les écrans publicitaires numériques, c’est protéger la population des troubles liés à la pollution lumineuse… Les exemples abondent, mais le temps manque : comment accepter une telle mise en délai du gouvernement ? Comment comprendre de telles contradictions ?
Ce qui se passe aujourd’hui confirme ce qu’Emmanuel Macron avait affirmé le 28 février 2019 à Pessac (Gironde) en disant : « Je ne prendrai pas de lois pour interdire les publicités. » Pourtant, en ce moment crucial où a lieu la COP25 à Madrid, et face à l’urgence climatique, il est nécessaire de changer notre mode de vie pour en finir avec la surconsommation. Face à ce désengagement politique majeur, il est de notre responsabilité de nous engager pour faire entendre raison aux décideurs afin de faire interdire ces publicités nocives pour la société et l’environnement.

Considérant que réglementer la publicité est une urgence sociale, environnementale et démocratique, RAP a publié lundi 9 décembre son propre rapport, qui expose les principaux effets environnementaux de la publicité et formule des préconisations pour les combattre :

interdire les contenus publicitaires incitant à la dégradation, à la mise au rebut, au non-entretien et au remplacement prématuré des biens, ainsi que les messages publicitaires incitant à racheter plutôt qu’à réparer et à recycler plutôt qu’à réemployer ;
interdire la publicité pour certains produits dont la consommation de masse est particulièrement nocive pour l’environnement : les SUV, les vols intranationaux, la restauration rapide, les bouteilles d’eau en plastique jetable, le textile d’habillement, les smartphones ;
interdire les supports énergivores et imposés : écrans numériques, prospectus. Plus généralement, l’association condamne l’autorégulation de la publicité, milite pour confier le contrôle des contenus publicitaires à une autorité légitime, efficace et indépendante, et pour réduire la pression publicitaire dans nos vies quotidiennes.

« La grève est écologique : elle limite la production »

Reporterre - Avez-vous manifesté jeudi 5 décembre ?

Geneviève Azam - Oui, j’étais en déplacement pour une conférence à Lorient et j’en ai profité pour manifester dans cette ville de tradition ouvrière. Le cortège était très syndical mais certains portaient aussi des Gilets jaunes. Il y avait 10.000 personnes. C’était historique ! On n’avait pas vu ça à Lorient depuis la grève générale de 1995 contre la réforme des retraites d’Alain Juppé. Pareil à Toulouse, là où j’habite, les retours ont été très positifs. 50.000 personnes ont défilé dans la rue, jeudi dernier. Le cortège faisait six kilomètres de long avec un public très varié, des syndicalistes, des écolos, des Gilets jaunes.

Comment analysez-vous cette mobilisation ?

On sent qu’elle est marquée par les luttes récentes. Ces dernières années, une détermination s’est construite, qui va au-delà de la grève, avec des formes d’action et de décision nouvelles, des assemblées, des occupations... La grève sous sa forme traditionnelle est importante, mais elle n’est pas le seul outil.

Par exemple, jeudi, il y a aussi eu des blocages de magasins et de ronds-points. Cela faisait directement écho aux Gilets jaunes et aux actions de désobéissance civile menées par les écologistes. Jeudi matin, à Paris, Extinction Rebellion a saboté des trottinettes électriques, en libre service, qui étaient utilisées comme substitut au métro. C’est très intéressant, le discours est multiple : les militants dénoncent à la fois le gâchis écologique de ces trottinettes, l’uberisation du travail et le fait que les start-up qui les mettent à disposition sont des briseurs de grève. Des types d’action similaires émergent un peu partout en France. Cela me fait dire que le mouvement a une autre allure et une autre consistance que celui de 1995.

Qu’est-ce qui distingue le mouvement actuel de celui de 1995 ?

Aujourd’hui, une nouvelle culture de lutte se diffuse et vient irriguer les composantes plus traditionnels du mouvement social, notamment la base syndicale. Entre les temps forts et les grosses grèves, il n’y aura pas de temps morts mais une succession de blocages, de discussions. Il y a quelque chose qui s’est réveillé ces dernières années : avec les Gilets jaunes et avec la situation internationale. Nous ne sommes pas le seul pays dans lequel il y a des rébellions qui prennent des voies quasi insurrectionnelles, à Hong-Kong, au Chili, au Liban... Tout cela marque les esprits et les imaginaires.

En 1995, nous étions plus dans notre bulle et encore sous l’emprise du modèle néolibéral. Ses promesses n’étaient pas épuisées. On pensait que l’on pourrait retrouver des temps plus cléments. Il y avait une nostalgie des Trente glorieuses. On parlait de crise et non pas d’effondrement. Maintenant, c’est fini, on sait qu’il n’y aura pas de retour en arrière, ni de sortie de crise.

La mobilisation dépasse donc largement la question des retraites ?

Tout à fait. Il est significatif qu’alors que nous ne connaissons pas encore le contenu exact du projet de loi , nous soyons déjà dans la rue. L’enjeu n’est plus technique. Je crois que ce qui importe n’est plus la revendication précise, mais comment on reprend globalement en main notre existence, comment on se ré-approprie l’espace politique. Même moi qui suis économiste et qui étais très impliquée contre les précédentes réformes de la retraite en 2003 ou en 2010, là, j’ai suivi d’un œil distrait les positions du gouvernement. Je me sens pas engagée uniquement sur les retraites. C’est plus général.

Qu’est-ce qu’on conteste alors ?

Je dirais « la réforme des retraites et son monde » : L’hôpital tel qu’il est traité, les services publics démantelés, la précarité qui monte, l’ultra libéralisme... Il y a aussi une crise de modèle. On ne peut pas prôner un système des retraites qui serait fondé uniquement sur l’augmentation de la productivité à l’infini. Le défi est d’arriver à penser la solidarité et la justice sans la croissance. D’autant plus que nous avons besoin d’un surcroît de solidarité pour affronter, de manière non barbare, les transformations qui nous attendent, le réchauffement climatique et l’affaissement de la biodiversité.

Quelle forme pourrait revêtir un système social plus écologique ?

Je crois qu’il ne faut pas seulement réfléchir à une meilleure répartition du travail – comme on le faisait il y a dix ans - mais interroger désormais sa qualité et son sens. Si on veut réparer les sociétés et la Terre, il faut mettre en avant des activités qui reposent sur le soin, l’attention, le recyclage. Cette mutation a déjà commencé. De nombreuses alternatives comme l’agro-écologie s’inscrivent dans cette logique


Je pense qu’il faut également changer d’échelle de valeurs comme l’expliquent les écoféministes. L’extraction, la production et l’accumulation ne doivent plus être considérées comme des tâches nobles de la société, le plus souvent dévolues aux hommes. Au contraire, les activités laissées historiquement aux femmes, du fait de la division sexuelle du travail, doivent être revalorisées. Dans le soin, l’éducation, la réparation, se logent les possibilités d’un avenir pas seulement pour les femmes mais pour tous, pour la pérennité de la vie.

Le mouvement actuel marque le retour de la grève. Quelle lien faites vous entre écologie et grève ?

La grève est profondément écologique d’abord parce qu’elle limite la production. Mais pas seulement. La grève est aussi un moment suspendu qui nous libère, une forme de respiration, de pause alors que tout s’accélère autour de nous. La philosophe Simone Weil qui avait vécu les grèves de 1936 parlait de « joie pure et sans mélange ». La grève est une rupture de la solitude, on s’extrait du bruit impitoyable des machines qui opprimait le corps et l’âme. Enfin, les machines se taisent. On prend le temps, on renoue avec la chaleur humaine. La grève permet de retrouver le rythme du vivant face à la cadence du monde industriel. C’est une expérience fondatrice qui porte, en elle, les ferments de la révolte et du soulèvement.

Dans Lettre à la Terre, vous parlez « d’alliances qui nous obligent et des communautés qui surgissent dans le désastre ». En quoi le mouvement actuel esquisse-t-il de nouvelles convergences ?

Je suis assez prudente avec l’idée de convergence des luttes car je crois que ce qui se passe maintenant va bien au delà d’une convergence ou chacun serait avec sa lutte et tenterait de rallier les autres. En réalité, l’ensemble des luttes se contaminent mutuellement. On l’a vu l’année dernière avec les Gilets jaunes et les questions écologiques, c’est un véritable enrichissement. On a enfin brisé ce dualisme construit par le pouvoir qui sépare social et écologie. On a remis de la conflictualité au cœur de l’écologie, pour en faire un combat indissociable des questions de justice sociale. C’est très important et porteur d’espoir pour les mobilisations à venir.

Les gaz lacrymogènes sont dangereux pour la santé. Des manifestants témoignent

Cet article est le premier d’une enquête en trois volets sur les conséquences des gaz lacrymogènes sur la santé.
Ce ne sont pas des gueules cassées de la manif’, ils n’ont pas de cicatrices visibles, de main mutilée, d’œil aveugle à jamais. L’arme qui les a rendu malades est moins impressionnante et moins questionnée que les lanceurs de balles de défense ou les grenades explosives. Pourtant, elle produit aussi ses effets sur ceux qui y sont exposés : cette arme, c’est le gaz lacrymogène.

Logiquement, c’est tout d’abord au milieu des nuages que l’on peut se trouver mal, après que les grenades ont été lancées à la main ou propulsées à l’aide de lanceurs. « En manifestation, il m’arrive souvent d’aider des personnes qui vomissent ou qui ont l’impression de ne pas pouvoir respirer », raconte Charly [*], street medic à Paris depuis 2017. Ariane [*], infirmière à Clermont-Ferrand, a commencé à soigner les personnes blessées ou en malaise dans les manifestations de Gilets jaunes en février, avec une équipe d’amies. Elles ont constaté que les symptômes se répétaient et que les problèmes respiratoires pouvaient être graves pour les asthmatiques : « Les crises sont difficiles à gérer car la ventoline écarte les bronches et accentue l’effet des gaz. »

Elles ont aussi pris en charge des malaises, et géré les conséquences psychologiques de ces gaz. « Certaines personnes sont totalement désorientées, même une fois sorties du nuage. C’est ce que j’ai observé récemment lors d’une manifestation à Saint-Étienne, où les forces de l’ordre ont beaucoup gazé, à l’aveugle », raconte Ariane. « J’ai déjà retrouvé des personnes prostrées dans des coins, qui ne pouvaient plus bouger et paniquaient à cause des gaz », complète Charly. Pour Ariane, cela s’est déjà terminé à l’hôpital : « Une membre de l’équipe a fait une réaction allergique, tout le visage a gonflé, elle a dû aller aux urgences. »

En tant que professionnelle du monde médical, elle dispose d’un appareil qui permet de mesurer la saturation du sang en oxygène. « L’idéal est à 100 %. En dessous de 90 %, cela montre une mauvaise oxygénation du sang et donc des organes. En manifestation, on est rarement au-dessus. L’organe le plus touché par ce manque est le cerveau, c’est pour cela qu’il y a des malaises. »

Le gaz lacrymogène utilisé en France contient plus précisément comme matière active la molécule CS (o-chlorobenzylidene malononitrile), choisie pour ses effets irritants, censés se dissiper rapidement dès que l’exposition cesse. Mais les témoignages recueillis par Reporterre montrent que certains effets persévèrent plusieurs jours voire plusieurs semaines après la manifestation. Tous lient l’importance ou la durée des symptômes à l’intensité de leur exposition aux gaz. Les descriptions se recoupent avec celles collectées par Mediapart à la suite de la manifestation du 23 mars dernier à Montpellier, où l’utilisation de gaz avait été particulièrement intense.

Bronchite, bouche et yeux irrités, saignements de nez et mal de ventre
Les maux de tête et de ventre reviennent le plus fréquemment dans les témoignages. « Après les manifestations où j’ai mangé beaucoup de gaz, j’ai des migraines et un dérèglement intestinal, des diarrhées dans les jours qui suivent », poursuit Charly. « S’il y a plus de gaz, ou que je me suis fait confisquer mon matériel et suis moins protégée, les symptômes durent plus longtemps. » Certains racontent ne pas arriver à manger pendant plus d’une semaine et subir des pertes de poids.

Les conséquences sur la peau et les yeux peuvent aussi perdurer. Ariane se souvient avoir déjà eu « une réaction cutanée, avec la bouche et les yeux irrités pendant deux semaines ».

Là encore, bronches et poumons sont particulièrement touchés, souvent pris d’assaut par une infection dans les jours qui suivent une exposition. « Une de mes équipières fait régulièrement des bronchites après les manifestations », observe Ariane. Claire, infirmière vivant du côté de Nîmes, a rejoint les Gilets jaunes dès le 17 novembre. Mais elle a découvert ces effets le 16 mars. « On est montés à Paris, on n’avait pas pris les masques pour ne pas se les faire confisquer. Après, j’ai eu une infection pulmonaire qui a durée trois semaines, j’ai été mise sous antibiotiques. »

Sarah [*] s’est carrément retrouvée à l’hôpital pendant dix jours, à la suite de la manifestation du 16 février à Montpellier : « Le lendemain, j’ai cru que j’avais une grippe. Puis je n’arrivais plus à me lever, ni à manger. Au bout de cinq jours, mon mari a pris ma saturation en oxygène : j’étais à 72 %. Il m’a emmenée aux urgences. » Les médecins lui diagnostiquent une pneumonie. « Ils m’ont gardée dix jours, et une fois sortie je suis restée quinze jours de plus sous antibiotiques », se rappelle-t-elle. « D’habitude, je ne vais jamais chez le médecin, je ne suis jamais malade. »

« Je ne pouvais même plus emmener ma fille à l’école »
La sensation de fatigue particulièrement intense revient aussi régulièrement dans les récits. « J’ai mis un mois à me remettre de la manifestation du 9 juin, lors de l’Acte 30 », se rappelle notamment Doki, observatrice de la section de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Montpellier. « J’avais les jambes coupées, je me sentais comme si je faisais une grosse dépression, et j’ai chopé une laryngite. Je ne pouvais même plus emmener ma fille à l’école. »

D’autres symptômes sont plus surprenants. Gilet jaune de l’Hérault, Stéphane [*] a parfois combiné manifestation du samedi et actions militantes dans la même semaine. Le 23 mars dernier, à Montpellier, il a été exposé plus intensément que d’habitude. « J’ai eu des problèmes au niveau des mollets, je me sentais comme après un marathon. Ma compagne, de son côté, est allée chez le kiné pendant des semaines. Cela ne s’est calmé que quand on n’est plus allés en manif’. » Il rapporte, une fois, une irritation de la gorge telle qu’il crachait du sang, et « des saignements de nez qui m’obligeaient à me lever la nuit ». Claire est elle aussi abonnée au nez qui saigne, mais a également eu « des problèmes neurologiques comme une mauvaise coordination des mouvements. En parlant autour de moi, je me suis rendue compte que les gens avaient les mêmes symptômes », relate-t-elle.

Une étude menée par des Gilets jaunes a tenté de mieux caractériser ces symptômes. Soizic Lesage, retraitée Gilet jaune dont le médecin lui a « formellement interdit de se faire gazer », a décidé de se rendre utile en récoltant les témoignages, avec une petite équipe de médecins. « On a établi une liste d’une cinquantaine de questions et distingué les symptômes pendant le gazage, juste après, puis dans les jours qui suivent », explique-t-elle. L’équipe a recueilli les témoignages durant les mois de mai, juin et juillet principalement, puis a regroupé l’ensemble des réponses dans un tableau anonymisé détaillant 47 cas. Ainsi, il apparaît qu’au moment du gazage, la toux, les difficultés respiratoires et les brûlures au niveau des yeux et de la peau sont logiquement — ce sont les effets recherchés — les symptômes les plus ressentis. Certains ont également eu des nausées (28 personnes) ou des vertiges. Dans les minutes et heures qui suivent, l’irritation se calme mais les vertiges persistent. Apparaissent sensation de désorientation, maux de tête et même troubles de la mémoire (pour 19 personnes sur 47, soit 41 %). Dans les jours et semaines qui suivent, les symptômes semblent même s’accentuer. 94 % des témoignages relatent une forte fatigue, des problèmes de sommeil. Les problèmes respiratoires, la toux, les fortes irritations des yeux et de la peau reviennent de plus belle. Les maux de tête persistent. Crampes musculaires et pertes d’appétit sont aussi signalées, voire une insuffisance hépatique. « On a dû ajouter des colonnes au fur et à mesure des témoignages, on est tombés sur des symptômes auxquels on ne s’attendait pas », raconte Soizic. « Notamment ceux qui pourraient être le signe d’une atteinte neurologique, comme les pertes de mémoire. »

Autre résultat surprenant, des femmes rapportent des troubles gynécologiques. Un tiers de celles qui ont témoignées et sont ménopausées évoquent un retour des règles. Parmi les non ménopausées, plus d’un quart signalent que leurs règles sont irrégulières depuis qu’elles respirent des gaz lacrymogènes. Plusieurs femmes ont effectivement relaté à Reporterre des effets sur leur cycle menstruel. « J’étais en pleine période de règles un samedi où je n’avais pas mis mon matériel correctement, se souvient Charly. Le lendemain, les règles s’étaient interrompues, puis elles ont repris deux jours après. » Ariane a échangé sur le sujet avec ses coéquipières : « Je n’ai pas eu mes règles pendant deux mois. Une autre ne les a pas eues pendant trois mois. À l’inverse, une a ses règles trois fois dans le mois à chaque fois qu’elle va en manifestation. » Elles s’interrogent : stress ou effet des gaz ?

Les forces de l’ordre rechignent à évoquer le sujet
Le tout montre des conséquences durables du gaz lacrymogène sur les personnes régulièrement ou fortement exposées. Stéphane a fini par constater une baisse de forme générale, alors qu’il exerce un métier physique : « Avant, sur les chantiers, je bougeais un mètre cube de sable en une ou deux heures, maintenant cela me prend la journée… Je faisais des semi-marathons, désormais je mets une semaine à me remettre d’une manif. » Claire, qui exerce en libéral, a dû diminuer le nombre de jours qu’elle travaille chaque mois. « Mais je n’ai pas d’enfants, il ne me faut pas grand-chose pour vivre, et mes patients me soutiennent », indique l’infirmière.

Si beaucoup hésitent à témoigner du côté des Gilets jaunes — et la plupart préfèrent l’anonymat — c’est également compliqué d’avoir des témoignages de la part des membres des forces de l’ordre. Le service de communication de la police nationale indique qu’il n’y a jamais eu la moindre remontée de problèmes liés aux gaz lacrymogènes.

Côté syndicats, l’Unsa police refuse de répondre à nos questions. Chez Alliance, « il n’y a pas de collègues qui se plaignent des gaz lacrymogènes », indique Jean Cavallero, délégué national des CRS. Christophe Miette, secrétaire général adjoint du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure avait été amené à se renseigner, des collègues lui ayant signalé avoir été incommodés après une manifestation riche en gaz à Montpellier (celle du 23 mars) : « Un plus grand nombre de grenades ayant été utilisées, il y avait plus de particules irritantes dans l’air », a-t-il conclu. Seuls les syndicats minoritaires s’inquiètent des conséquences sur la santé, comme le syndicat Vigi. Michel Thooris, secrétaire général de France police – Policiers en colère, demande quant à lui une étude sur les conséquences « pour les collègues qui sont en contact sur le long terme avec ces produits. On avait envoyé une lettre pour demander une étude, à l’époque où le ministre de l’Intérieur était Manuel Valls, mais elle n’a jamais reçue de réponse », indique-t-il.

« Pour moi les lacrymos, c’est aussi dangereux que les LBD, estime Ariane. Ça pénètre dans notre organisme et ça y reste pendant un certain temps. On va finir par voir des maladies chez ceux qui y sont exposés tous les week-ends », craint l’infirmière. Reste un effet à long terme, lui, facilement observable : la majorité des personnes interrogées par Reporterre vont désormais moins souvent en manifestation.

Réforme des retraites : "Le gouvernement a perdu la confiance des enseignants"

La mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit, mardi, avec une seconde grande manifestation parisienne. Aux côtés des cheminots, beaucoup d’enseignants manifestent, comme Samuel Serre, professeur de lycée farouchement opposé au projet de l'exécutif.

C’est le deuxième acte de la mobilisation contre la réforme des retraites. Mardi 10 décembre, les syndicats sont à nouveau dans la rue pour s’opposer au projet du gouvernement Philippe. L’exécutif affirme que ce système universel à points vise à mettre fin aux nombreux régimes spéciaux dans un souci de "justice". Ses opposants, nombreux, fustigent au contraire un projet inégalitaire.

Après 2003 et 2010, Samuel Serre, 48 ans, en est à sa troisième grève contre une réforme des retraites. "À chaque fois c’est la même histoire, nos dirigeants ne bougent pas, ils font la sourde oreille alors qu’il y a des milliers de personnes dans la rue", explique-t-il. "Mais cette fois on sent que c’est différent, la mobilisation se fait bien plus en amont et elle est vraiment massive. Chez nous, dans le 92 (le département des Hauts-de-Seine à côté de Paris, NDLR), on a eu jusqu’à 80 % de grévistes dans certains secteurs, en 25 ans de carrière je n’ai jamais vu ça !"

Professeur dans un lycée à Boulogne-Billancourt, Samuel est prêt pour la nouvelle journée de manifestation mardi après avoir déjà été dans la rue le 5 décembre dans le cortège de la CGT – dont il est un membre actif. Une manifestation "monstre", selon lui, malgré les problèmes de transport : "On a des copains qui sont venus en vélo depuis loin, Meudon-la-Forêt par exemple, l’ambiance était bonne. Déterminée mais positive."

"Travailler plus pour gagner moins"

Enseignant aguerri et syndiqué de longue date, Samuel fait partie des premiers mobilisés contre le projet du gouvernement. "En fin d’année scolaire, les premières informations ont fuité et on a vu qu’ils voulaient basculer d’un système de solidarité vers un système à points. Déjà ça nous renvoyait une mauvaise image, nous dont le point d’indice du salaire est gelé depuis plus de 10 ans et qui perdons déjà du pouvoir d’achat chaque année." Et il poursuit : "Avec la nouvelle méthode de calcul sur l’ensemble de la carrière, et non plus les six derniers mois, les retraites vont baisser mécaniquement. C’est clair on veut nous faire travailler plus longtemps pour gagner moins."

Parmi les arguments mis en avant pour promouvoir sa réforme, le gouvernement affirme que les indemnités seront désormais prises en compte pour la retraite. Une bonne nouvelle pour certains fonctionnaires dont les primes représentent parfois plus de 20 % de leur salaire. Mais ce n’est pas le cas des professeurs : "Hormis les remplacements long terme sur d’autres postes, peu d’enseignants bénéficient de réels compléments de salaires de ce type", explique Samuel Serre. "Le ministre de l’Éducation nationale (Jean-Michel Blanquer) nous ressort aujourd’hui sa prime de 300 euros par an mais il nous prend pour des idiots, elle avait été prévue sous Hollande !".

En tant que professeur agrégé et après 25 ans de carrière, Samuel touche environ 2 800 nets par mois. Selon ses calculs, la réforme représenterait une diminution de 400 euros par mois de sa future retraite, une perte importante qui s'accompagnerait d'une obligation de travailler jusqu’à "au moins 65 ans".

Samuel élève un enfant seul, ne touche pas d'aides sociales et paye un loyer mensuel de 1 200 euros. "Pas le choix en région parisienne", précise-t-il. Toutefois, il estime ne pas faire partie des plus à plaindre : "J’ai beaucoup de collègues qui gagnent aux alentours de 2 000 euros. Certains sont là depuis à peine quelques années et on leur annonce déjà que toutes les règles changent, ce n’est pas acceptable. Moi je suis né en 1971, donc s'ils décalent la reforme cela ne me concerne plus directement. Mais je ne me bats pas pour mon cas personnel."

Et il ajoute : "Il y a un vrai problème idéologique dans cette réforme, chacun paye sa retraite et non plus un système global, la société s’individualise un peu plus et cette problématique touche tout le monde sans que le gouvernement ne s’en émeuve".

"Au lycée, les enseignants sont devenus des exécutants"

Le sentiment d’abandon, Samuel et ses collègues le ressentent depuis des années. Un épisode lui reste particulièrement en travers de la gorge : la grève de 2003. "Des semaines de grève contre la réforme des retraites (conduite par François) Fillon, sans rien à la fin", se souvient-il.

Depuis septembre, c’est la réforme du lycée qui ne passe pas. "Je suis professeur de première, notre rôle est de préparer les élèves au bac. Mais on nous ajoute des examens pendant l’année. On se retrouve à les évaluer tout le temps ce qui génère beaucoup de stress chez les élèves. Il n’y a pas de temps prévu pour les corrections et on doit continuer à faire cours… Au lycée, les enseignants sont devenus des exécutants, il y a une perte de sens du métier. Ce n’est pas ça l’école !"

La réforme du baccalauréat est l’une des deux grandes réformes éducatives du gouvernement actuel, avec la "loi pour une École de la confiance" – dédiée à l’enseignement aux jeunes enfants. Ces deux projets ont été adoptés malgré la réticence d’une partie du corps enseignant. Samuel Serre considère que la réforme des retraites ne fait qu’entériner la rupture : "Jean-Michel Blanquer nous vantait une école de la confiance. Aujourd’hui, le gouvernement a perdu la confiance des enseignants. Pour relancer le dialogue, des ajustements ne suffiront pas, il doit retirer la réforme des retraites."

               les pluie dans le sud de la france 1er decembbre 2019

La France va retirer de la vente 36 produits à base de glyphosate

Trente-six produits à base de glyphosate vont être retirés de la vente en France, a annoncé, lundi, l'Agence nationale de sécurité sanitaire. Ceux-ci représentaient près des trois quarts des tonnages de produits à base de glyphosate vendus en France en 2018.

L'Agence française de sécurité sanitaire (Anses) a annoncé, lundi 9 décembre, le retrait de 36 produits à base de glyphosate, un herbicide que la France a décidé d'interdire à partir de 2021. Ces derniers représentaient en 2018 près des trois quarts des tonnages de produits à base de glyphosate vendus en France pour des usages agricoles et non agricoles, selon l'agence.

Actuellement, 69 produits à base de glyphosate sont disponibles sur le marché en France et ont fait l'objet d'une demande de renouvellement de leur autorisation.

"Par décision de l'Anses, 36 de ces produits vont être retirés du marché et ne pourront plus être utilisés à compter de fin 2020, en raison de l'insuffisance ou de l'absence de données scientifiques permettant d'écarter tout risque génotoxique", indique-t-elle dans un communiqué.

>> À lire aussi : Dix choses à savoir sur le glyphosate

Suite au prolongement pour cinq ans de l'agrément de la substance active par l'Union européenne en 2017, "l'Anses procède au réexamen des autorisations de mise sur le marché des produits à base de glyphosate commercialisés en France et a lancé une évaluation comparative avec les alternatives disponibles", rappelle l'Agence.

Des évaluations renforcées depuis 2017 pour les produits à base de glyphosate

Mais sans attendre la fin du processus en cours, "l'Agence a notifié le retrait des autorisations de 36 produits à base de glyphosate". Pour des raisons identiques, elle "a notifié une décision négative pour 4 des 11 nouvelles demandes d'autorisation déposées depuis janvier 2018 et en cours d'examen".

L'évaluation des dossiers de demande d'autorisation déposés par les entreprises souhaitant renouveler ou obtenir une mise sur le marché de produits à base de glyphosate "a été spécifiquement renforcée en 2017 suite à la réévaluation de la substance active, avec davantage d'exigences impliquant la fourniture de données supplémentaires concernant les risques pour la santé et l'environnement (...)", selon l'Anses.

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"Ces nouvelles dispositions requièrent des études spécifiques menées selon des méthodes standardisées et robustes", assure l'Anses qui "poursuit l'examen des demandes d'autorisation et de réautorisation de produits à base de glyphosate".

"Seuls les produits à base de glyphosate répondant aux critères d'efficacité et de sécurité définis au niveau européen (...) et ne pouvant pas être substitués de façon satisfaisante, bénéficieront in fine de l'accès au marché français", ajoute l'Anses, qui finalisera l'ensemble du processus d'évaluation "d'ici le 31 décembre 2020".

Avec AFP

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