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LES CENTRALES NUCLEAIRE !!!

Information sur l'Energie Nucléaire



Publication du GSIEN (Groupement des Scientifiques pour l'Information sur l'Energie Nucléaire), 2 rue François Villon, 91400 Orsay
télécopie: 01 60 14 34 96, Directrice de publication: Monique SENÉ(*) Nouveau numéro de commission paritaire: 0311 G84953
Composition, montage, photogravure: Germinal (01 43.40.01.56) - Imprimerie:  Nory (Paris)
"webmaistre" (rajouter .fr pour lutter contre les pourri-els !...) 
 
 
 
 

ET MAINTENANT QUE PENSEE VOUS DE SA !!!

EnergieRenouvelable.org est un site dédié aux énergies renouvelables sous toutes leurs formes.

Opter pour l'énergie renouvelable

Opter pour l'énergie renouvelable, c'est faire le choix responsable de s'engager dans une démarche de développement durable, pour les générations futures. En 2015, si les pays de l'Union Européenne réussissent à respecter leurs engagements, l'électricité produite en Europe devrait être issue à 25 % de sources d'énergie renouvelable.

Les énergies renouvelables

Les sources d'énergies renouvelables présentent l'avantage d'être disponibles en quantité illimitée. Leur exploitation est un moyen de répondre aux besoins en énergie tout en préservant l'environnement. Les principales formes d'énergie renouvelables (énergie solaire, énergie éolienne, énergie issue de la biomasse, énergie géothermique, énergie hydraulique, autres énergies) sont développées dans ce site. A la fois écologiques performants et subventionnés par nombre d'Etats en Europe et dans le monde, le panneau solaire constitue le produit phare du moment.

  
http://www.energierenouvelable.org/
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http://www.planete-eolienne.fr/


http://www.action-eolienne.com/


http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/0-toutes-les-videos/103719-reportage-fabriquer-une-eolienne-a-la-maison



http://domsweb.org/ecolo/eolien.php


http://eoliennes.free.fr/


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http://www.google.fr/search?q=eolienne&hl=fr&client=firefox-a&hs=pbb&rls=org.mozilla:

L'eau, l'or bleu


Préservation de l'eau 
 

les pollutions

les pollutions au pcb

ACTUALITES
ENVIRONNEMENT
La pollution du Rhône s'étendrait jusqu'à la mer (26/06/2007 )

Environnement. L'Ardèche et la Drôme sont désormais touchés par la pollution du Rhône. Des analyses pourraient conclure à une propagation des PCB jusqu'à la Méditerranée.

Quatre mois après la publication du cinquième arrêté inter-préfectoral portant interdiction de consommation des poissons pêchés dans le fleuve Rhône, les départements de la Loire, de l'Ardèche et de la Drôme viennent, à leur tour, d'en interdire la vente et l'absorption.

Le bilan est déplorable : 200 kilomètres de cours d'eau pollués, 6 départements touchés, 113 communes concernées et des doses 40 fois supérieures aux taux acceptables quotidiennement. Pire, selon Alain Chabrolle, de la Frapna*, “la pollution s'étendrait jusqu'à la Méditerranée”. Si les résultats des analyses entreprises dans le Gard, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône ne seront communiqués que fin-juillet, les services vétérinaires s'attendent effectivement à une conclusion identique : les polychlorobiphényls (PCB), plus connus sous le nom de pyralène, infestent le fleuve jusqu'à son embouchure.

Une pollution bidécennale…
La pollution a été détectée, par hasard, dans le canal de Jonage et le plan d'eau du grand Large, en septembre 2005. Cédric Giroud, pêcheur professionnel, avait alors demandé à la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) des analyses sur les poissons qu'ils vendaient à Villeurbanne, Meyzieu et Vénissieux. Positif. Depuis, la pollution n'a cessé de toucher de plus en plus d'espèces, et de descendre le Rhône, pour, aujourd'hui atteindre le barrage de la Roche de Glun (Drôme). Pourtant, il ne s'agit pas d'un cas de pollution nouveau. “Un premier épisode avait été mis en évidence dans les années 1980, en lien avec le rejet d'une entreprise de traitements de déchets” rapportent deux chercheurs du Cemagref. En cause, l'usine Tredi, à Saint-Vulbas (Ain). Pourtant, tout le monde s'accorde à dire, aujourd'hui, qu' “il n'est pas évident que cette source soit principalement responsable de la contamination”. Et la préfecture du Rhône de suspecter “des sources sauvages et privées”.


… stockée en profondeur
Cette pollution est comme un millefeuille : il y a des couches historiques de nature et d'épaisseur différentes. “La pollution ne se déplace pas beaucoup car les PCB se déposent dans les sédiments qui bougent peu, sauf via les matières en suspension. Par contre, les poissons, eux, se déplacent” analyse le secrétariat général des affaires régionales de la préfecture de région. Comment peut-on la stopper ? “La pollution conserve toute son acuité car les PCB ne se dégradent pas. Ils ont donc une rémanence dans le milieu, à savoir les sédiments”.

Quelles conséquences pour l'homme ?
L'homme se contamine par l'ingestion d'animaux ou de produits d'origine animale contaminés. Les PCB sont ensuite stockés dans les tissus adipeux puis sont lentement éliminés dans les selles. Une exposition accidentelle de courte durée n'a pas de conséquence grave. En revanche, en cas de consommation de fortes doses de PCB ou une consommation quotidienne sur une longue durée, on suspecte un risque d'affection cutanée et des effets chroniques plus lourds, tels que des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance et des possibilités de cancers.


*  Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature.
Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement.
 

les pollutions au pyralène


Le scandale de la pollution du Rhône
Par Benjamin BONNEAU
leJDD.fr
» Une affaire qui risque de faire du bruit. Suite à une contamination au pyralène, un produit toxique et persistant, les poissons du Rhône sont désormais interdits à la consommation. Un arrêté a même étendu cette interdiction jusqu'au delta du fleuve. Dit autrement, le Rhône est pollué depuis Lyon jusqu'à la mer. Une situation connue depuis plus de vingt ans qui fait bouillir les associations écologistes.

Le Rhône est contaminé par un produit toxique, le pyralène. Ses poissons sont donc interdits à la consommation (Maxppp)Le Rhône est contaminé par un produit toxique, le pyralène. Ses poissons sont donc interdits à la consommation (Maxppp)
Sur le même sujet

    *
      Lepage: "Un silence coupable"
    *
      PCB, mode d'emploi

La France tient sa catastrophe. Epargné par les tsunamis, typhons et autres inondations en tout genre, l'hexagone est en effet en passe de connaître une catastrophe écologique digne de Tchernobyl. C'est de cette façon que le WWF, organisation mondiale de protection de l'environnement, présente la pollution du Rhône dans un communiqué. Depuis les années 60, de fortes quantités de pyralène, un produit chimique listé par l'ONU comme l'un des douze Polluants Organiques Persistants (POP), ont en effet été déversées dans le "fleuve roi". Résultat: un arrêté interdit la consommation des poissons du Rhône à la mer méditerranée. Pis, les associations écologistes craignent que la contamination s'étende encore davantage.

Quand la politique de l'autruche prend le dessus, les poissons trinquent. Alors que les autorités étaient vraisemblablement au courant du problème depuis de nombreuses années, les médias n'ont été alertés qu'à travers l'exemple d'un pêcheur professionnel, Cédric Giroux. Celui-ci, presque par hasard, prend connaissance de la contamination de ses poissons, et s'en émeut. "Fin 2004, on a retrouvé des oiseaux morts en amont de Lyon. Ce n'était qu'un cas de botulisme strictement aviaire, mais plus personne ne voulait de mes poissons. J'ai demandé des analyses complètes pour prouver qu'ils étaient bons. Et là, bingo ! Ils étaient bourrés de PCB ! Je m'étais tiré une balle dans le pied: je ne peux plus pêcher dans le Rhône, je n'ai touché aucune indemnité. Et je ne serai pas la dernière victime", a-t-il déclaré au Nouvel Observateur.

"Les pouvoirs publics étaient au courant..."

Privé de son activité professionnelle, comme de nombreux autres pêcheurs, il veut faire réagir les autorités. "Cette pollution est avérée depuis plus de dix ans maintenant. Mais la découverte faite par ce pêcheur a mis un coup de projecteur médiatique sur ce grave problème. Certains disent que les pouvoirs publics étaient au courant mais qu'ils préféraient se taire...", avoue Marc Sennant, chargé de mission à la France Nature Environnement (FNE), contacté par leJDD.fr. Car en plus d'une catastrophe écologique, la contamination du Rhône a mis des centaines de pêcheurs sur le carreau.

Alain Chabrolle, spécialiste du dossier à la Fédération Rhône-Alpes des Associations de Protection de la Nature (FRAPNA), confirme les conséquences économiques. "On a réussi à regrouper les différentes fédérations de pêcheurs pour obtenir une indemnisation car elles ont perdu des milliers d'adhérents. La FRAPNA, la FNE et les fédérations demanderont donc plusieurs centaines de milliers d'euros", explique-t-il au JDD.fr, avant de dresser son bilan de cette affaire que, lui, suit depuis des années: "On n'a pas attendu le Grenelle pour mettre des choses en route. On travaille sur ce dossier depuis plus de 20 ans !", explique-t-il, n'omettant pas au passage d'égratigner WWF, accusée de s'accaparer l'affaire auprès des médias.

Un Grenelle très attendu

"On a porté plainte il y a 20 ans déjà. Et on a recommencé en mars-avril 2007. Toutes nos plaintes sont centralisées par le procureur de la République de Lyon. Depuis cette date, on n'a jamais eu aucunes nouvelles, personne n'a été entendu. On est dans l'expectative la plus complète", explique-t-il, remonté. Elu de Meyzieu, Michel Forissier est quant à lui le premier maire à avoir porté plainte. Depuis, il a convaincu "entre trente et quarante collègues de [le] rejoindre. La Mairie de Lyon s'est également associée à notre initiative. Notre objectif est simple: faire comprendre que nos fleuves ne sont pas des égouts et pour cela, il faut trouver les sources des rejets. C'est donc d'une véritable enquête de police dont on a besoin et c'est le sens de cette plainte", a-t-il expliqué au JDD.fr. "La seule façon de lutter contre ce type de pollution, c'est la prévention car on ne peut pas effacer ce PCB", conclut-il.

Pointée du doigt, l'usine Tredi, à Saint-Vulbas, pourtant mandatée pour lutter contre la pollution en éliminant les PCB. Sauf qu'à l'époque de son installation, en 1975, les industriels de la chimie rhônalpine n'ont pas pris suffisamment de précautions et du pyralène a ainsi "accidentellement" contaminé le sous-sol. Plus grave encore, en 1988, Trédi était encore autorisée à déverser 1,5 kilos de PCB dans le Rhône par jour quand le processus de destruction ne parvenait pas à l'éliminer. Et pendant toutes ces années, aucun contrôle du sol n'a été effectué par les services administratifs...

"On est assis sur une bombe à retardement"

Si les autorités font la sourde oreille, les associations écologiques font, elles, preuve d'initiatives. A l'occasion du Grenelle de l'environnement, une demande spécifique est prévue sur ce sujet ultra-sensible. "On est en train d'élaborer un cahier des charges d'un programme de recherche avec un financement précis. On veut connaitre les responsabilités, faire une cartographie de la pollution et surtout faire prendre conscience de l'importance de la mise en place d'une politique préventive par rapport à ce type de pollution" déclare Alain Chabrolle, précisant que cela coûtera "plusieurs centaines de milliers d'euros". Une enquête d'ampleur nationale est également recommandée afin de dresser un état des lieux des cours d'eaux français. Car pour tous les spécialistes contactés par leJDD.fr, la contamination des autres fleuves ne fait aucun doute...

Sans tomber dans le catastrophisme, Alain Chabrolle n'hésite pas quand on l'interroge sur l'éventuel retour des poissons rhônalpins dans les assiettes: "Ce ne sera pas avant de très nombreuses années !" Pis, la contamination du Rhône au PCB, un produit hautement cancérigène, pourrait avoir des répercussions sur l'homme: "Qu'en est-il des milliers de pêcheurs de la région qui mangent leur poisson depuis 20 ans ? Il serait quand même intéressant de mettre en place une enquête sanitaire non ?", s'interroge faussement Alain Chabrolle. Lors des derniers tests pratiqués, le poisson le plus contaminé présentait une quantité 40 fois supérieure aux normes en vigueur. "Avec les PCB, on est assis sur une bombe à retardement", conclut Chabrolle. Le compte à rebours est lancé... 

Les déchets nucléaires


Retraitement, stockage, impact sur l'environnement







Problématique : Le problème du nucléaire nourrit un vif débat à propos notamment des risques liés au stockage des déchets nucléaires, en France et dans le Monde. Certaines personnes s'inquiètent en effet de l'influence de ces déchets sur l'environnement et sur les techniques mises en œuvre pour limiter le volume de déchets stockés. Ces inquiétudes sont-elles fondées ?
Nous allons essayer de répondre à cette question, en trois parties :


  I Le retraitement  nucléaire
1) raisons du retraitement,  matériaux traités
2) techniques de retraitement  ; recyclage
3) contexte international 

II Enfouissement, stockage des déchets
      1) Qu'est ce qu'un déchet  nucléaire ?
      2) Stockage et conditionnement des déchets nucléaires
      3) Gestion et contrôle des déchets  nucléaires

III Les dangers pour l'environnement, pour l'homme
      1) Les dangers des déchets
      2) Les réglementations et les  mesures







I Le retraitement nucléaire

1) Raisons du retraitement, matériaux retraités

Le fonctionnement des centrales électronucléaires entraîne la production de quantités croissantes de combustibles irradiés qui contiennent, d'une part, des produits de valeur en matière fissile (uranium légèrement enrichi, plutonium) utilisables pour alimenter les futures centrales, et, d'autre part, des déchets radioactifs, produits de fission et transuraniens, et des déchets de structure (tête, pied et gaine de l'élément combustible retraité).

Le retraitement a pour objet de séparer ces deux familles de produits, afin d'assurer la valorisation des matières énergétiques recyclables, uranium et plutonium, et le confinement des déchets, en réalisant pour chacune des catégories de déchets le conditionnement spécifique le mieux adapté

Le but premier est d'éviter et de réduire les nuisances potentielles des différents déchets stockés en en recyclant une partie.

On peut ainsi récupérer, économiser l'énergie libérée. Dans le contexte actuel (où le manque de sources d'énergie va bientôt commencer à se faire sentir), il est indispensable d'économiser de l'énergie.

On recycle ainsi les combustibles qui ont déjà servis dans des centrales nucléaires : l'uranium et le plutonium.

  • l'uranium car ses propriétés restent les mêmes que celles de l'uranium minier.

  • le plutonium car ses propriétés énergétiques sont très importantes : 1 g de plutonium fournit autant d'énergie que 1 t de pétrole.

L'uranium représente 94 à 96 % du combustible usé, le plutonium 1 %. Le reste est composé de déchets divers (tête, pied et gaine du combustible).

Pour les déchets de catégorie C (dégageant notablement de la chaleur), on utilise le procédé de la vitrification, mis au point par le C.E.A. (Commissariat à l'Energie Atomique, chargé de développer la recherche nucléaire)  et réalisé en continu depuis 1978 à l'Atelier de Vitrification de Marcoule. La vitrification consiste à élaborer un verre ( résistant aux différentes agressions externes envisageables : l'eau, le feu, les agents chimiques...) dont les produits de fission sont l'un des constituants. Elle s'effectue en plusieurs étapes. Après les cinq années de désactivation en cuve de stockage intermédiaire, les solutions de produits de fission sont soumises à évaporation. Les résidus obtenus sont calcinés, et prennent l'apparence d'une poudre. Celle-ci s'écoule dans un four de fusion, alimenté en même temps par des granulés de verre. Le mélange est fondu à 1 150 degrés.

Le verre radioactif en fusion est ensuite coulé dans des conteneurs en acier inoxydable, fermés par un couvercle soudé. Les conteneurs sont placés dans des puits métalliques verticaux, eux-mêmes disposés dans des fosses bétonnées.  La technique de vitrification, qui assure un conditionnement fiable pour plusieurs centaines d'années permet également de réduire le volume des déchets très radioactifs : les  2 000 m³ de déchets à vie longue (déchet B et C) produits chaque année en France ne font plus que 100 m³, après vitrification.
Les déchets vitrifiés, du fait de leur forte radioactivité (même après leur conditionnement), dégagent une chaleur importante et nécessitent un refroidissement pendant plusieurs années, par circulation d'air puis par convection naturelle.




Le stockage
Que ferons-nous de nos déchets nucléaires une fois conditionnés ? Si la question pouvait être posée dès le début de l'utilisation de cette énergie à des fins militaires ou civiles, les réponses ont tardé à venir des décennies durant et continuent de nourrir un vif débat.
Depuis la fin de l'immersion au fond des fosses marines, le stockage des déchets radioactifs s'effectue surtout en surface, soit en piscine, soit à sec dans des containers étanches. Mais ces formes de stockage ne sont que provisoires.
En effet, les autorités françaises ont mis sur pied un projet  d'enfouissement des déchets, dans des couches géologiques, à grande profondeur . Mais l'enfouissement de ces déchets sur un très long terme ne va pas sans poser des problèmes : quasi-impossibilité à déplacer les déchets, même si la situation l'exige ; impossibilité de garantir l'imperméabilité sur une durée d'un million d'années, et l'on sait que l'eau peut diffuser la radioactivité vers la surface etc.
Actuellement, aucun stockage profond n'est disponible pour un confinement de déchets à vie longue


               
Une loi (du 30 décembre 1991) prévoit pourtant la création de deux laboratoires souterrains qui devraient permettre d'étudier les conditions dans lesquelles les déchets nucléaires pourraient être stockés, dans des formations géologiques profondes de manière réversible ou irréversible. Il s'agit là d'une étape essentielle pour parachever la prise en charge des résidus du cycle du combustible.  Il a donc fallu choisir deux sites sur le territoire français, correspondant bien aux exigences qu'imposent les déchets hautement radioactifs Les formations géologiques adaptées au confinement sont les massifs granitique et les formation argileuse. En plus d'une grande stabilité à long terme, ces massifs offrent une capacité naturelle à retenir la radioactivité.






L'Andra ( Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs ) s'est vue chargée le soin de retenir une liste de lieux pouvant potentiellement accueillir les laboratoires souterrains. Elle a défini 15 sites. Citons entre autre le massif d'Ize (Mayenne), Glénat (Cantal), Serenes et Sanvesa (Aveyron), Bure (Meuse), Athis de l'Orne (Orne). La mission fut un demi échec car elle s'est heurtée aux manifestations, parfois violentes, des collectivités locales et des associations de défense de l'environnement.

L'objectif d'un stockage profond définitif est maintenu pour les années 2015-2020.

Les déchets nucléaires posent donc de sérieux problèmes pour leur enfouissement de manière définitive dans des couches géologiques profondes. L'augmentation constante de leur volume impose une gestion globale de tous ces déchets. Cette tâche est assurée par divers organismes de contrôle.





3) Gestion et contrôle des déchets nucléaires

Gestion
La gestion des déchets radioactifs constitue un souci ancien. En effet, depuis que la France s'est lancée dans l'aventure du nucléaire, le volume des déchets nucléaires n'a cessé d'augmenter au fil des années.
Plusieurs centres de stockage en surface ont été créés dans l'attente d'un stockage souterrain, à grande profondeur.


Pour les déchets de faible et de moyenne activité (A et B), le centre de stockage de la Manche (en surface), près de la Hague, a été mis en service en 1969. La réception des derniers colis a été enregistrée le 30 juin 1994 (526 904 m3 au total). De 1994 à 1996, la couverture définitive du site a été mise en place ; le centre de stockage est à présent dans sa phase de surveillance (300 ans).
En janvier 1992 a été mis en service le centre de l'Aube à Soulaines-Dhuys, à 40 kilomètres à l'est de Troyes. D'une capacité de 1 million de mètres cubes, il accueillera les déchets radioactifs français pendant une quarantaine d'années.  100 000 m3 de déchets y sont actuellement stockés. Ils occupent 10% de la capacité totale du centre.
               

Contrôle
En France, Les déchets radioactifs sont gérés selon les recommandations générales de radioprotection publiés par la Commission internationale de protection radiologique (C.I.P.R.) qui a, en outre, fait des recommandations particulières sur les normes de radioprotection applicables aux dépôts de déchets radioactifs comme le font d'ailleurs l'Agence internationale de l'énergie atomique (A.I.E.A.) et l'Agence pour l'énergie nucléaire (A.E.N.) de l'O.C.D.E.
Au travers des recommandations, l'objectif visé est la protection de l'homme et de son environnement.
En France, la Direction de la sûreté des installations nucléaires (D.S.I.N.), sous la tutelle du ministère de l'Industrie et de l'Environnement et avec l'aide des conseils, commissions et supports techniques, définit la réglementation concernant les déchets radioactifs, autorise la création des installations et assure le suivi de la gestion des déchets radioactifs.
La gestion des déchets proprement dite est assurée par l'Agence Nationale pour la gestion des Déchets RAdioactifs (Andra), dont le rôle a été nouvellement défini par la loi 91.1381 du 30 décembre 1991. Créée en 1979, l'agence a trois missions : la gestion industrielle des déchets radioactifs à vie courte, la recherche de solutions de gestion à très long terme pour les déchets à vie longue et l'inventaire des déchets se trouvant sur le territoire national. Elle s'occupe également de l'acheminement de tous les déchets nucléaires (des centrales nucléaires mais aussi des hôpitaux, des centres de recherches etc.) sur des sites de stockage et assure la traçabilité des déchets (voir transparent).  Ce principe de la "traçabilité des colis" consiste à identifier et suivre chaque colis de déchets depuis sa fabrication chez le producteur jusqu'à son stockage dans les centres de l'ANDRA.

Enfin, une Commission nationale d'évaluation est chargée de produire un rapport annuel (qui est public) sur le suivi des recherches.

Un rapport global d'évaluation doit être remis au gouvernement en 2006 ; celui-ci adressera alors au Parlement “un rapport global d'évaluation de ces recherches accompagné d'un projet de loi autorisant, le cas échéant, la création d'un centre de stockage des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue et fixant le régime des servitudes (les obligations) et des sujétions (les contraintes, naturelles ou imposées par les circonstances) afférentes à ce centre”.





Conclusion
Les déchets radioactifs, du fait de leur radioactivité et de leur longévité qui peut atteindre, pour une partie d'entre eux plusieurs milliers d'années nécessitent une attention toute particulière.
Ils sont donc triés, conditionnés et stockés suivant leur catégorie (A, B ou C).

Plusieurs organismes s'efforcent à améliorer les procédés de stockage et de conditionnement, dans l'unique but de renforcer la fiabilité des techniques actuellement utilisées. D'autres contrôlent le respect des règles de sécurité afin de prévenir tout danger.

Mais si la France a fait bonne figure à la conférence de Kyoto (sur le réchauffement de la planète) en raison de son faible taux d'émission de dioxyde de carbone, elle le doit aussi à sa production d'électricité d'origine nucléaire.

Toutefois, cette énergie dite «propre» (en raison de la quantité infime de déchets produits, comparé aux autres formes d'énergie) pose quelques problèmes : le lobby de l'électronucléaire, particulièrement puissant et malgré ses discours lénifiants, ne peut par exemple encore faire état d'aucune solution satisfaisante pour le stockage géologique des déchets à grande profondeur ou pour l'élimination même de ces déchets.

On prend alors conscience des problèmes environnementaux que posent  les déchets radioactifs, sur un moyen et long terme. Ils peuvent potentiellement mettre en danger la biosphère (l'air, l'eau,
la terre, la faune, la flore, les êtres humains).






III Les dangers des déchets nucléaires pour l'homme et l'environnement.





Toutes les activités nucléaires – les réacteurs mais également les mines, les usines de fabrication de combustible, le retraitement, les transports – produisent des déchets.

Une partie de ces déchets est rejetée  plus ou moins délibérément dans l'environnement sous forme d'effluents radioactfs liquides ou gazeux.


La production de déchets nucléaires, très importante, posera de sérieux problèmes de stockage autour de l'an 2010. On a par exemple pu calculer que, si les États-Unis voulaient subvenir à tous leurs besoins en électricité à l'aide de centrales nucléaires, ils devraient gérer en l'an 2000 une production annuelle de déchets équivalente à celle engendrée par l'explosion de 8 millions de bombes atomiques de type Hiroshima!

Plusieurs sujets de préoccupations se sont manifestés face à de telles prévisions. Celles-ci concernent les effets biologiques, chroniques et à long terme des radiations, ainsi que les risques écologiques inhérents au problème des déchets radioactifs, en particulier ceux qui sont associés à leur rejet sous forme d'effluents dilués dans les eaux continentales ou marines.







1) Les dangers des déchets

  A)    D'ou provient la pollution ?


Les noyaux des atomes des éléments radioactifs naturels ou artificiels, en se désintégrant, émettent des rayonnements (alpha : noyaux d'hélium ; bêta : électrons ou positrons ; gamma : photons de haute énergie). Ces rayonnements interagissent avec la matière environnante dans laquelle ils perdent leur énergie. ( voir « les dangers pour l'homme »).

Les principaux problèmes de contamination de l'environnement propres à l'industrie nucléaire se situent au niveau des usines de retraitement des combustibles irradiés  (la Hague, en France, par exemple).


Celles-ci ont pour objet de séparer la matière fissile résiduelle (uranium 235 non brûlé) ainsi que le précieux plutonium, qui s'est formé par capture neutronique dans les éléments combustibles, et les divers déchets radioactifs inclus dans ces derniers. En sus des produits de fission qui proviennent de la désintégration de l'uranium (les uns ayant une masse atomique voisine de 90: krypton 85, strontium 90, par exemple; les autres une masse atomique voisine de 130: iode 131, césium 137, par exemple), ces déchets nucléaires renferment des produits d'activation (tritium, divers matériaux  activés). En outre, comme aucune technique de récupération n'est efficace de façon absolue, on trouve dans les résidus du retraitement du plutonium 239 et d'autres transuraniens (americium, curium), dont la période se chiffre en milliers d'années.


Depuis plusieurs années, les usines de la Hague sont la cible des associations anti-nucléaire.

Les usines de la Hague sont en fait un gigantesque complexe chimique et nucléaire. Les combustibles usés très radioactifs qui arrivent des centrales y subissent de nombreux traitements : après avoir été cisaillés et dissous dans des bains d'acide, des manipulations physico-chimiques complexes permettent de séparer les différentes matières radioactives qu'ils contiennent. Les matières manipulées sont tellement dangereuses que toutes les opérations se font de manière automatique et à distance.

Mais les usines de la Hague sont aussi un grand centre de production de déchets radioactifs. Chaque opération en génère une grande quantité car chaque objet ou matière en contact avec de la radioactivité devient souvent lui-même un déchet nucléaire. Ainsi , on estime que le retraitement de chaque tonne de combustible usé entraîne la production de 16 m3 de déchets radioactifs de haute, moyenne ou faible activité – contre environ 3m3 par tonne en cas de stockage direct sans retraitement. Si l'on tient compte des rejets radioactifs liquides ou gazeux, on arrive au chiffre de 50 m3 par tonne et 85 m3 par tonne si l'on inclut les déchets générés par le démantèlement des installations de retraitement.

Des effluents gazeux radioactifs sont produits à presque toutes les étapes du processus de retraitement et de conditionnement des produits et des sous-produits, ainsi qu'au cours des travaux de maintenance.

Beaucoup de gaz radioactifs sont rejetés dans l'air sans rétention, même si  la Cogéma cherche à résoudre ce problème.

Les usines de la Hague rejettent quotidiennement des centaines de milliers de litres ( source Greepeace ) d'une cocktail de produits radioactifs divers : strontium, ruthénium , rhodium, antimoine, etc. ( Notons que l'antimoine est un poison très violent, utilisé comme tel dans l'antiquité ).

Les rejets liquides et gazeux permanents de l'ensemble des installations nucléaires ( mines, usines d'enrichissement, centrales, retraitement…) entraînent une accumulation de radioactivité dans l'environnement, ce qui laisse planer le doute d'un danger pour la nature et la population.



Le développement de l'énergie atomique conduit à la production de quantités considérables de déchets par les usines de retraitement. Ainsi, le programme électronucléaire français nécessitera le retraitement annuel de quelque 2 200 tonnes de combustibles irradiés en l'an 2000. Aux États-Unis, les autorités responsables du nucléaire ont décidé, depuis le début des années 1980, de ne pas procéder au retraitement des combustibles irradiés et de les stocker dans des piscines. Cette décision est, entre autres raisons, justifiée par le prix relativement bas de l'uranium sur le marché depuis plusieurs années.

Le fait de ne pas retraiter immédiatement les combustibles irradiés présente l'avantage de permettre une baisse considérable de radioactivité de ces derniers avec le temps par le jeu de la désintégration spontanée des radioéléments.



B) Effets sur l'homme.


La pollution nucléaire se traduit par une augmentation de la quantité d'irradiation à laquelle l'homme est en moyenne soumis dans son environnement par exposition externe ou interne (respiration, alimentation). Cette pollution ajoute en effet son action à celle de l'irradiation naturelle  (rayons cosmiques, «vents» solaires, radioactivité de l'air, des roches, etc.) à laquelle tous les êtres vivants sont soumis en milieu terrestre. Elle est en France d'environ 2.4 mSv par an. En l'absence de guerre nucléaire, la seule cause d'irradiation aiguë à laquelle les populations humaines peuvent être exposées résulterait d'un accident qui surviendrait à des installations  nucléaires civiles ou des déchets hautement radioactifs.

Le principal risque auquel l'espèce humaine est exposée – en l'absence de conflit thermonucléaire – provient de la contamination de sa nourriture par le jeu des phénomènes de bioconcentration des radionucléides dans les chaînes trophiques terrestres et aquatiques. Les radioéléments les plus dangereux de ce point de vue sont, en règle générale, ceux qui possèdent une activité biologique spécifique intense (iode 131 par exemple, qui se fixe en quelques heures dans la thyroïde), ou/et qui présentent une période longue, supérieure à l'année, qui leur permet donc d'irradier l'organisme qu'ils contaminent pendant une durée prolongée. Tel est par exemple le cas du strontium 90 (période de 28 ans), qui se fixe dans les os car il est chimiquement voisin du calcium, ou du césium 137 (analogue du potassium), de période de trente-deux ans, qui se fixe dans les muscles.

On a pu de la sorte observer une concentration de tels éléments dans diverses chaînes alimentaires de l'homme, soit en raison de la pollution de sols par des retombées radioactives, soit à cause du rejet, dans les eaux, d'effluents dilués par des usines de retraitement de combustibles irradiés. Lors de l'accident de Tchernobyl, on a pu assister à une contamination – importante en Europe centrale et septentrionale – du lait et de la viande des animaux domestiques. Plusieurs milliers de rennes ont dû être abattus en Laponie, car leurs muscles renfermaient des doses excessives de césium 137, ce qui interdisait leur consommation. Pour la même raison, plusieurs milliers de tonnes de lait en poudre ont été détruits en Allemagne.

Pour les populations humaines exposées, la pollution nucléaire se traduit par une augmentation de la probabilité d'effets carcinogènes et de l'induction de mutations génétiques provoquées par l'exposition permanente à de faibles doses de radiations. Les experts estiment qu'un doublement de la dose d'irradiation naturelle à laquelle l'homme est soumis augmenterait de 20 p. 100 le taux de mutation, et qu'une exposition à une dose de 2 rems par an pendant toute une vie accroîtrait de 10 p. 100 la mortalité par cancer.

En conséquence, la Commission internationale de radioprotection a établi des normes qui stipulent que l'on ne doit pas dépasser une dose d'irradiation annuelle de 3 rems chez les travailleurs de l'industrie nucléaire, de 0,3 rem chez les «individus isolés» qui vivent au voisinage d'installations nucléaires, enfin de 17  mrem (le double de la dose moyenne d'irradiation naturelle) pour l'ensemble des populations humaines. Enfin, une autre conséquence redoutable de la pollution nucléaire pour les populations humaines tient, en certaines circonstances, en la contamination des sols qui peut rendre certaines zones inhabitables pendant des décennies (cas de la zone d'exclusion de Tchernobyl).



EFFETS CONCRETS

Les rayonnements provoquent des ionisations ou des excitations des molécules aboutissant à la formation de radicaux libres. Ces effets vont être d'autant plus graves qu'ils se produisent au niveau du noyau des cellules où se trouvent les molécules d'ADN (modification de liaisons, cassure de brin…). L'action des rayonnements au niveau des membranes cellulaires provoque la formation de radicaux libres entraînant une fragilisation des membranes (effet Petkau). Notons que ces effets s'appliquent bien sûr à toutes les autres espèces animale, à différents degrés de gravité.



Le sievert ( Sv) évalue les effets des rayonnements ionisants sur la matière vivante. A dose égale, les effets de la radioactivité sur les tissus vivants dépendent de la nature du rayonnement (alpha, bêta, gamma…), de l'organe concerné et bien sûr du temps d'exposition.

Le sievert est une unité très grande dont on utilise couramment des sous-multiples :


1 mSv = 1 millisievert = 0,001 Sv

1 ySv  =  1 microsievert = 0,000 001 Sv



a)      effets somatiques

  •           effets non stochastiques (dont la gravité augmente avec la dose mais ont un seuil )

A partir de 50 mSv : modification de la formule sanguine, diminution des défenses immunitaires, possibilité de malformations cérébrales chez l'embryon.

à partir de
0.5 Sv : stérilité temporaire par mort des cellules souches des spermatozoïdes

à partir de 1 Sv :
stérilité chez l'homme (pendant 3 ans) et chez la femme

de 2.5 à 4 Sv
: malaises, diarrhées, vomissements, syndrome hématopoïétique, pancytopénie, avec anémie, leucopénie entraînant une résistance moindre aux infections et pouvant entraîner la mort.

5 Sv
: dose létale à 50%.



  •           effets stochastiques (cancérigènes augmentant avec la dose, mais celle-ci, en augmentant, augmente le risque d'être touché)

Certains effets sont immédiats, d'autres différés (leucémies, cancers, cataractes)

Selon l'académie américaine des sciences, une irradiation de 1rem (0.001 Sv) sur un million de sujets provoquerait 67 à 226 décès ; de 4 millirems (quid p.1792)





b)    effets génétiques

Augmentation des mutations ( par modification de la molécule d'ADN contenue dans le noyau des cellules sexuelles ), pouvant apparaître après plusieurs générations des cas d'anomalies génétiques dues à une mauvaise distribution chromosomique  au moment de la méiose selon la CIPR ( 42 anomalies génétiques viables pour 10000 personnes recevant une dose de 1 Sv )



Qu'est-ce qu'une mutation ?

Les mutations sont des altérations ou des substitutions dans le matériel génétique. Elles vont de la simple mutation sans impact évident sur le sujet à la grande et majeure modification dans les chromosomes qui peuvent même parfois se traduire par des chromosomes manquants ou de trop.

Les mutations peuvent se produire naturellement en raison des erreurs occasionnelles dans la réplique d'ADN pendant la division de cellules.  La réplique n'est pas toujours  précis à 100% en copiant les millions d'unités centrales dans une molécule d'ADN.  Des mutations peuvent également être provoquées par exposition au rayonnement.






c)      Effets tératogènes


Perturbations du développement de l'embryon pouvant entraîner malformations et retard mental ( non avérés chez l'homme ).

« L'étude épidémiologique du Professeur Viel publiée en 1997, fruit d'une dizaine d ‘années de recherches menées à partir de l'examen de 60 000 dossiers médicaux, suggère un lien direct entre les leucémies infantiles observées autour de la Hague, la consommation de fruit de mer et la fréquentation des plages autour du site. »



C) Problèmes posés par le stockage


Le problème des déchets radioactifs constitue certainement,  dans le long terme, la question la plus préoccupante associée au développement de l'énergie nucléaire eu égard aux masses considérables de combustibles irradiés qui devront être retraitées (fig. 13). Au niveau des usines de retraitement, la plupart des radionucléides sont contenus dans des effluents liquides. Ceux-ci sont concentrés et stockés dans des récipients étanches afin de confiner la radioactivité. Cependant, les gaz rares radioactifs et certaines radio-iodes sont libérés dans l'atmosphère au niveau des évaporateurs. Par ailleurs, le tritium ainsi qu'une partie des produits de fission ou d'activation (strontium 90, césium 137, ruthénium 106, cobalt 60, transuraniens, par exemple) qui ne peuvent pas être récupérés à 100 p. 100 sont déversés dans les fleuves ou la mer sous forme très diluée (effluents dits de faible radioactivité). En définitive, pour se débarrasser des déchets radioactifs, l'industrie nucléaire est assez désarmée, car elle ne peut ni détruire ni modifier les rayonnements émis. Elle ne peut protéger l'homme et le milieu naturel qu'en diminuant la densité du rayonnement par dilution ou interposition d'écrans.

Depuis quelques années, une solution provisoire a été trouvée pour résoudre le problème angoissant des volumes considérables et croissants d'effluents de moyenne et de haute activité qui s'accumulaient sur les aires de stockage des usines de retraitement. Mise au point en France par le C.E.A., cette solution consiste à déshydrater totalement les effluents et à insolubiliser par vitrification à haute température les déchets radioactifs qu'ils renferment. Les cylindres de «verre» ainsi obtenus peuvent être stockés sous contrôle, dans des locaux adéquats, voire dans des mines de sel désaffectées, et de façon sûre en raison de l'insolubilité de ce matériau.

Il n'empêche que la durée pendant laquelle ces déchets radioactifs devront être stockés à l'extérieur de la biosphère est très considérable. Comme il faut attendre une vingtaine de périodes pour qu'ils se désactivent de façon suffisante par décroissance radioactive, cela implique des durées de stockage fort longues, à l'échelle des temps historiques, voire géologiques. À titre d'exemple, cette durée doit s'étendre sur six cent quarante ans dans le cas des déchets renfermant du césium 137 (période 32 ans) et sur... quatre cent quatre-vingt-dix mille ans dans le cas de déchets renfermant du plutonium 239 (période de 24 500 ans)!

Qui prétendrait pouvoir se porter garant de l'étanchéité des containers pendant de telles durées? Il faut bien convenir que la seule solution rationnelle du problème des déchets de l'industrie nucléaire tient en la découverte d'une technologie nouvelle qui permettrait de les détruire physiquement.



II Les réglementations et les mesures

A) La réglementation

  Prévue au traité de Rome (1957), l'harmonisation pour le traitement et la gestion des déchets a débuté avec l'adoption de la directive no 75/442/C.E.E. du 15 juillet 1975 relative aux déchets. Avec l'entrée en vigueur de l'Acte unique européen (1987), plusieurs directives de la Communauté  relatives à l'environnement et aux déchets ont été successivement publiées. Avec les dispositions du traité de Maastricht (1993), l'adoption des directives ou des règlements qui concernent les déchets sera généralement prise à la majorité qualifiée et non plus au consensus général des États membres.

En France, les principaux moyens juridiques d'intervention découlent de nombreux textes législatifs et réglementaires:

– la loi-cadre du 15 juillet 1975 complétée par celle du 13 juillet 1992, et ses nombreux décrets d'application;

– la loi du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l'environnement dont les dépôts et les établissements de traitement des déchets;

– un certain nombre d'articles du Code des communes, du Code pénal, du Code de la santé publique, du Code rural, du Code de l'urbanisme, du Code de la route, etc.;

– les règles générales d'hygiène prises par décrets ou celles des règlements sanitaires départementaux;

– les arrêtés pris par les maires dans le cadre de leur pouvoir de police.

S'y ajoutent les règles de mise en jeu de la responsabilité civile de droit commun (Code civil, art. 1382 et suivants) pour les dommages et nuisances causés par des particuliers ou des industriels, ainsi que celles qui sont relatives à la responsabilité administrative de l'État, des collectivités locales ou des organismes publics.





B) Les mesures

  Le groupe Cogéma, spécialiste du cycle du combustible nucléaire depuis l'extraction  de  l'uranium jusqu'au retraitement des combustibles usés et au recyclage des matières énergétiques réutilisables, possède ses propres services de protection de l'environnement.

Ceci se concrétise notamment par une politique de réduction des rejets dans l'environnement à un niveau aussi bas que raisonnablement possible ( mais encore trop haut pour être totalement exempt de tout danger ). Les établissements de la Cogéma ont mis en place une information périodique présentant les résultats des mesures de radioactivité dans l'environnement aux abord des installations de la Hague.

Ce programme donne lieu, annuellement, sous le contrôle de l'OPRI (Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants, dépendants du ministère de la santé et du travail ), à environ 83 000 analyses effectuées sur 26 000 échantillons prélevés en 820 points de l'environnement du site. Ces contrôles périodiques sont effectués sur différents éléments du milieu terrestre et maritime (eaux de surface et nappe phréatique, eaux de pluie, végétaux, aliments, eaux de mer, sable de plages, faune et flore marine…).

De nombreuses associations écologistes et d'organismes d'analyse indépendants, comme Greenpeace,  veillent en outre au respect de la nature.





3)      Faut-il arrêter le nucléaire ?

On peut sûrement remplacer le nucléaire par d'autres énergies, comme l'ont déjà fait d'autres pays (l'Allemagne, ou les Etats-Unis, qui comptent fermer toutes leurs centrales nucléaires d'ici quelques années)..

  Ainsi les chauffe-eau solaires, les planchers solaires chauffants remplacent  avantageusement leurs équivalents électriques. La biomasse est aussi une formidable source d'énergie renouvelable. Ainsi, le gaz (méthane) issu de la fermentation des matières carbonées  vivantes (pailles, lisiers et autres résidus agricoles, sciure de  bois, boues de stations d'épurations non-industrielles) remplace avantageusement  l'électricité nucléaire, soit directement sous forme  de gaz utilisé dans la cuisine, le chauffage domestique et sanitaire,  soit indirectement dans des générateurs d'électricité  (turbines à gaz, moteurs à pistons), dont on récupère  la chaleur (cogénération). Une importante source d'électricité  renouvelable est aussi disponible dans nos rivières, mêmes petites, grâce à la micro-hydraulique destinée à fournir l'électricité pour une ou quelques maisons. Des installations  aussi petites ne détruisent pas  les rivières, les centrales  flottantes étant même d'un impact nul. On peut aussi utiliser  des panneaux photovoltaïques, ainsi le gros village de Schönau1,  en Allemagne, à 60 km à l'Est de Mulhouse en Alsace, a-t-il  décidé — grâce au  solaire photovoltaïque  — de se passer totalement des 40% d'électricité  nucléaire que lui vendait l'EDF local.
Enfin, la filière bois n'est pas non plus à ignorer, les chaudières à bois déchiqueté, qui consomment des résidus de taille et de scierie, sont particulièrement intéressantes. Selon le budget dont on dispose et l'emplacement de l'endroit à dénucléariser, il y a certainement une solution à nos besoins, car ces différentes énergies peuvent se combiner. La France, pays agricole, aux nombreux cours d'eau, avec ses climats venteux et/ou ensoleillés, a parfaitement la possibilité de se passer de l'énergie nucléaire. Hélas, toutes ces sources d'énergie sont extrêmement onéreuses à mettre en œuvre, et rarement très performantes compte tenu de leur coût. Aussi pouvons-nous penser que le nucléaire a encore « de belles années  » devant lui…




Energie nucleaire!

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